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Etats généraux de l'énergie au Sénégal, revendication populaire

Hier, je rentrais chez moi suite à mes courses à Ponty, prés de la place de l’Indépendance, Boulevard Léopold Sédar Senghor. Il faisait une chaleur de plomb. Moi qui a grandi au Baol, cette chaleur ne m’a guère perturbée. Tout simplement, le thermomètre à Diourbel tourne au tour des 40 degré la journée..

Je me rappelle au Collège, nous marchions défaut de car ou taxi, une distance de 4 kms matin ou soir, pour espérer être bien avant l’heure. Inutile d’être un bon mathématicien pour savoir que le chemin le plus court mène toujours vers la ligne droite. Et la brousse en était pour nous. A l’arrivée, nos jambes poussiéreux, la sueur mouillé nos habits, et on rentrait en classe sans ventillation  avec des zincs sur le  toit.

Ces conditions insupportables, la population dakaroise est entrain de vivre cela avec les bruits incessants des groupes électrogènes.  Visiblement, les commerçants courageux, fiers sont alignés parfois mobiles tout au long des trottoirs, avec des emmerdements journaliers des jeunes volontaires de la ville de Dakar qui confondent leur rôle citoyen de remettre les gens dans leur place pour dégager la voie publique à des tentations autoritaires. Chacun essaie de crier à haute voix pour se faire attendre dans ce climat boursier à la crié. A ma gauche, j’aperçois des clients qui sautent sur une fille pour lui arracher ses crèmes glacés à moitié. A ma droite, le cireur qui se cache sous un abri de carton pour se rafraichir. 

J’image l’angoisse de ses journées d’enfer. J’imagine mon cousin tailleur Samba qui n’a pas malheureusement les moyens pour s’acheter un groupe d’électrogène. Il ne va pas honorer ses engagements, ses commandes à temps. J’imagine cette mère de famille qui voit ses légumes, poissons… pourrir parce que le frigo d’habitue bavard est devenu depuis quelque temps timide. J’imagine le père de famille qui voit sa facture doublée alors le compteur ne marche que 4 heures par jour. Une escroquerie où la justice se tait. Un silence généralisé, peur ou fataliste ? J’imagine le taximan qui voit le litre de gasoil triplé au point de voir sa recette quotidienne chuté vertigineusement. J’imagine le jeune qui veut voir la lutte ou la league des champions quitte d’un quartier à un autre pour suivre un match nocturne avec des projecteurs qui éclairent comme le jour. J’imagine le cri silencieux du peuple. Je me désole de ses lieux publics sans les citer en éclairage continue.

Chaque pouvoir nous promet depuis 20 ans de rétablir la situation mais en vain des échéances qu’on  repousse à chaque fois. Alors respectez le peuple, le pouvoir comme l’opposition, l’ancien régime comme l’actuel. Pour nous la responsabilité est partagée. C’est pourquoi il est urgent d’organiser ensemble des états généraux de l’énergie. Ils doivent accepter  sans condition de s’assoir sur une table et taire leur pratiques obscènes, politiciennes. Le Sénégal n’est pas la Tunisie ou l’Egypte c’est vrai. Mais la situation risque de vous échapper. Une révolution est toujours imprévisible. Alors fait attention.

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