NGARYNIORO ( Ibrahima Sall )

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Joola après 10 ans...

26 Septembre 2012 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

Aujourd’hui, toute la nation sénégambienne est entrain de commémorer cette triste nuit du 26 septembre 2002. Cette fâcheuse, la plus grande catastrophe maritime de l’histoire avec 1863 disparus et 64 rescapés selon les chiffres officielles voir plus selon les familles des victimes. Chaque sénégambien avait perdu ce jour un fils, une fille, un cousin, une cousine, un père, une mère, un ami, un camarade de classe ou de faculté, un collègue de travail… Dès les premiers jours, encore une fois cette grande nation avait montré à la face du monde cet élan de solidarité, de deuil collectif entre musulman et chrétien, sans distinction des prières différentes avec un seul Dieu.

Le lendemain on se souvient des pleurs encore des pleurs. On dirait le ciel était tombé sur le Sénégal. Aussitôt, toute la nation était là au devant les chefs religieux, coutumiers sans oublier l’ancien président Wade pour tenter de ramener les populations à la raison, d’accepter avec foi cette main divine ou humaine. Certes, cette tragédie émane de Dieu, un destin qu’on échappe guère, mais devons nous pas osés à l’endosser. On dirait que l’homme n’est jamais responsable de son destin malheureux ? Ne voit là t-il pas un prétexte que l’homme utilise pour cacher ses fautes en le refoulant sur Dieu éternellement. Xalasss, je rêve !

Arrêtons-nous un peu et disons-nous la Vérité. Depuis 10 ans ni l’Etat, ni le citoyen ne veut des coupables. Le procès personne n’en veut, à cause de notre culture de pardon. « Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions.» combien de fois, la justice a relâché des criminels tout simple le coupable est dans la famille. Et on préfère étouffer l’affaire pour sauvegarder ces liens familiaux. Quelle absurdité ! Notre société est une société d’impuni. Et les familles des victimes doivent se taire parce que c’est la volonté divine et non humaine.

Dans cette histoire tout le monde est responsable l’Etat, les victimes et leurs familles : la précipitation a remettre le bateau en marche pour des questions politiciennes. Les rebelles qui empêchaient les populations de prendre la route terrestre. La Gambie qui ne nous aidait pas avec son bag.  On se souvient tous la délégation gouvernementale qui inaugurait celui après réfection avait rejoint Dakar en avion parce que le bateau inquiété sans parler de l’alerte des journalistes. Les contrôles techniques du bateau n’étaient-ils pas négligents ? le contrôle pour respecter le quota des passagers, des marchandises était-il fait ? Le chef d’équipage a-t-il pris au sérieux les informations météorologiques de la veille. L’Etat, notamment les ministères concernés, n’a-t-il pas étouffé l’affaire ? Pourquoi personne ne parle de renflouer le bateau qui nous livrera peut être les secrets du Diola ? Des questions sans réponse.

Tout ce que nous voulons des coupables pour que Demain pareil tragédie ne se reproduise plus au Sénégal. Prions à nos morts pour un repos de paix ! Amine…

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Israël et Palestine : deux Etats c’est possible

2 Octobre 2011 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

Le 64e Assemblé Général des Nations Unies a sans doute été marqué par le dépôt officiel pour la reconnaissance de l’Etat palestinien à l’ONU, comme 194e Etat, et le refus sans surprise des États-Unis.

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Alors quels enseignements tirons-nous de cette actualité qui nous touche.

L’oppression d’un peuple par un autre nous rappelle notre situation passée. Le continent africain était dans cette position d’opprimé. Et il a fallut des luttes parfois violentes contre le colonisateur pour obtenir l’indépendance.

Il y'a pas si longtemps en Afrique du Sud le régime Apartheid qui a fait tant de mal à la communauté noire.

Nous pensons il est inadmissible depuis une soixantaine d’années que le peuple palestinien souffrant ce conflit sous le regard impuissant de la Communauté internationale   parce que les USA sont le protecteur d’Israël malgré toutes les résolutions le disqualifiant.

C’est important de le souligner, on est loin d’être des fanatiques de la Palestine ou des anti-américains ou israéliens.

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En effet, pour nous  Israël par la force des choses est un Etat légitime, et que sa disparition comme le prône certains est loin de régler durablement la problématique israélo palestinien. De même la Palestine  doit être reconnue comme le 194e Etat des Nations Unies.

 La viabilité de ces 2 Etats commencera aujourd’hui par des concessions des deux parties : Israël doit cesser la construction des colonies sur le territoire palestinien et les Palestiniens devront changer de stratégie. La violence n’est pas la bonne démarche. Mahmoud Abbas a montré le chemin. Face à un adversaire aussi coriace à l’image d’Israël et son armée, la plus puissante de toute cette zone, on ne pourra le déstabiliser que par la non-violence. Gandhi, Martin Luter King et autres dans le passé ont réussi en l’adoptant. Aujourd’hui leurs rêves sont devenus réalité. C’est la voie royale.

Ce n’est pas par le suicide de ses fils et filles qui fera reculer Israël. Au contraire, à chaque violence il aura une occasion à repousser ses frontières.

Bien vrai on doit maîtriser cette question aussi sensible, complexe, problématique que depuis 70 ans voir plus les deux camps ne parviennent pas à trouver une paix durable malgré les accords importants dans le passé: Camps Davis, Oslo, Marrakech etc... avec de la violence triste où les civiles sont les grandes perdantes. Il y a aussi l'impuissance de la Communauté internationale, la position américaine qui protège à chaque fois son allié Israël, la violence des palestiniens sur Israël, le Mur de la honte, la construction des Colonies... autant de questions sauf par prétention on ne peut pas affirmer détenir la Vérité.

On aimerait tous une paix durable au proche et moyen Orient la terre des Religions révélées. 

Alors israéliens et palestiniens sont appelés à vivre côte à côte c’est notre sentiment pour une paix durable au proche et moyen Orient. Ils sont condamnés à vivre Ensemble !

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Bamba Dieye entre dans l'histoire et Wade ?

22 Juin 2011 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

La scène s’est déroulée hier après-midi devant les grilles de l’Assemblée Nationale du Sénégal. Un Monsieur avec son bandeau des couleurs de la Nation qui descend discrètement dans sa voiture et le vigile ne lui prête pas attention. On dirait il est un habitué des lieux. Tout à coup le bruit court vers ce lieu et les regards s’y tournèrent. Une discussion houleuse, des échanges parfois même violents entre le vigile et les compagnons de ce Monsieur. C’est Bamba DIEYE, le débuté sénégalais, maire de Saint Louis, leader du FSD/BJ et candidat à la présidentielle de 2012 qui s’est enchaîné aux grilles de l’Assemblée.

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Le soir sous tous les bouquets et surtout l’internet, l’image fait le tour du monde.

Il était venu protester contre cette loi diabolique par des armes pacifiques visant en quelque sorte à supprimer le 2e tour présidentiel. Car cette loi permet à 25% seulement d’être le Président de la République et en parallèle la nomination du Vice président.Pari réussi, je pense tout le Sénégal a apprécié à sa juste valeur ce geste symbolique qui combat contre le mal politique. Loi diabolique dans la mesure où Wade et son camp savent bel et bien que les sénégalais leurs ont tourné le dos. Partout au Sénégal, cette conscience est partagée. Et tous sont très impatients d’être le 26 Février 2012, le jour de l’élection pour participer à la fin du régime libéral.

Maintenant, ils sont désespérés et chercheront par tous les moyens à se maintenir au pourvoir par la loi et je pense ils vont recourir par la force.

Jamais le Sénégal n’a été sous surveillance policière. Même avec l’armée, ma conviction personnelle est le soulèvement populaire (nous le désirons guère, pas aujourd’hui,  ni demain pour notre pays) est une arme puissante. Regardons les régimes très policiers des pays arabes pourtant il a eu bel et bien le Printemps arabe. Wade même a vu ça de ses propres yeux avec son ancien ami qui lui souhaitait un jour ici à Dakar Président à vie. Le pouvoir lui échappe petit à petit. Même si danscette histoire on est de tout cœur avec Kadhafi contre l’injustice des puissances occidentales.

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Ce 21 Juin 2011 restera graver à jamais dans les annales de l’histoire politique du Sénégal.

Me Wade nous vous invitons à sortir par la grande porte et l’histoire vous glorifiera certainement. L’alternance n’est pas une fin en soi mais un éternel recommencement pour reprendre les mots du Sage Kéba Mbaye. Il faut l’accepter pour le bien de la santé démocratique. Vu ton âge, Me Wade vous devrez vous comporter comme le gardien, le sage de la Constitution au lieu d’être aveuglé par les appels de tes lieutenants. Vous vous battez maintenant pour eux.

Monsieur le Président, la balle est dans votre camp pour retirer ce projet visant à modifier la constitution pour des raisons électoralistes, donc infondées pour la Paix, la Stabilité de notre grande Nation.

UN PEUPLE, UN BUT, UNE FOI

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Côte d'ivoire: Tristement Afrique !

6 Avril 2011 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

Nous avons toujours crus à la démocratisation de l’Afrique en tant afro optimiste, son développement qui passera inévitablement par sa stabilité politique. Et sans intégration sur tous les plans, ce continent ne sera à jamais à l’image des zones émergentes comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.

Malheureusement, les événements en Côte d’Ivoire nous laissent croire que le chemin risque d’être long et pénible. Après la balkanisation du continent en micro-états, la vague des coups d’Etat dans les années 80 et l’omniprésence de la France-afrique, l’espoir était permis depuis que la démocratisation faisait son bonhomme de chemin par ci par là. Les partis uniques et cette génération d’hommes politiques soumises à l’occident, les vestiges de cette époque post indépendance, avaient presque disparu. Tout le monde pensait que l’Afrique pouvait enfin décoller, que nous avons pris nos destins en main. Malheureusement, on donne une occasion à nos maîtres d’hier de s’immiscer dans nos affaires. Actuellement, la majorité des africains trouve ironiquement légitime l’intervention des forces républicaines de Alassane Dramane  Ouattara armée par l’ancienne puissance coloniale, la France. La faute à qui ? Bien sûr au président Laurent Bagbo qui n’a pas voulu respecter la volonté de son peuple dans des élections libres. 

Dans cette histoire, tout le monde avait cru à la mort de la  France- afrique avec ses réseaux d’influence puissants pour sauvegarder leurs seuls intérêts. Elle avait perdu toute sa crédibilité depuis la vague de démocratisation en Afrique, le réveil de la  Chine et  des pays émergents, anciennement du Tiers monde qui commencèrent à entretenir des relations directes et franches avec nos états africains  pour sortir de leur situation de sous développement, enfin les Etats unis ont commencé à privilégier des relations économiques avec des pays qui feront des efforts démocratiques comme le Ghana. L’Afrique était bien partie avec un taux de croissance qui s’améliorait au fil des années. 

Si les Français arriveront à déloger Laurent Bagbo, à entendre Alain Jupé, Ministre des Affaires étrangères français qui affirme : «  les heures de Laurent Bagbo sont à compter » sur RFI, on ne peut que soupçonner la main de cette puissance étrangère dans les affaires après l’installation de Alassane Ouattara.

L’impuissance de l’Union Africaine (UA) dans cette situation nous interpelle: comment une organisation qui se respecte avec tous ses pouvoirs jouent les seconds rôles dans cette crise qui a durée des mois ? Sommes-nous toujours victimes de la Balkanisation ? Si le président sénégalais prend une décision, il est jugé pour son « sénégalité » et non la cohérence ou l’incohérence de son discours. J’en suis sûr à cause de ces considérations bon nombre de  présidents n’ose pas dire leur sentiment sur la situation en Coté d’Ivoire par peur des représailles de la part de  leurs ressortissants.

Tristement Afrique !

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Une marche est légitime !

15 Mars 2011 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

S’il ya un qui n’aime pas Sidy Lamine NIASSE, le patron du groupe de communication Walf c’est bien moi pour une et simple raison : ce Monsieur est un grand  donneur de leçons. Il pense être le plus intelligent des sénégalais. Il se range derrière sa télé ou radio pour se permettre de tout. Vous aussi certainement vous avez vos raisons personnelles de divergence avec cet homme.

Pour autant, cette image fausse qu’on lui donne est une pure fabrication du gouvernement et de sa famille médiatique. Je pense Sidy dérange parce que son groupe est le seul qui se pose véritablement comme seul contre pouvoir par des moyens dérisoires. Le groupe walf se place comme leader ou challenger face à la RTS malgré ses puissants moyens. Quelle que soit notre position, si vous pensez affaiblir le group walf à travers son patron financièrement, politiquement et moralement serait une erreur stratégique.

Si vous avez une bonne mémoire, sans ces médias libres et indépendants dans notre pays, il n y aurait jamais eu d’Alternance. Si la campagne de Diouf a échoué tout simplement il était déconnecté des aspirations profondes du peuple. Tout le monde se rappelle de la surprise de Diouf lorsqu’il déclarait ne pas être au courant le café et le lait se vendaient en détails dans les boutiques. Dans son palais, il était en permanence manipulé par son entourage. La propagande à court terme est très efficace mais à long terme je ne suis pas sur. Il n’a pas vu venir l’Alternance. La conscience collective sanctionna le Ps de Diouf et compagnies.

Pour le régime libéral, Wade doit se réjouir d’avoir une presse libre et indépendante comme walf qui donne la voix aux mécontents de l’Alternance surtout à l’échéance électorale. C’est un risque de vouloir étouffer cette voix populaire.

Quant aux patrons de presse et leurs journalistes, salir la profession pour des raisons concurrentielles est tout sauf la déontologie. Il est indigne qu’on se moque d’un homme de presse qui a  beaucoup fait pour la  profession. Comme tout citoyen il a le droit de faire sa marche où il veut et quand il veut. La force doit rester à la loi. Et la loi lui autorise bel et bien si on se réfère à la constitution. Même dans les grandes démocraties, surtout votre profession s’inspire de la France. Dans ce pays, si un journaliste écrit du n’importe quoi, au nom de la liberté d’expression, tous les journalistes vont se mobiliser pour soutenir ce principe.

Demain ça serait peut être 2stv ou Tfm. Le pouvoir étatique n’a pas d’amis mais que des intérêts. Encore une fois je ne suis pas un fanatique de walf et son directeur, mais par principe je suis à ses cotés. Alors du retenu et pas d’exagération. 

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Etats généraux de l'énergie au Sénégal, revendication populaire

22 Février 2011 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

Hier, je rentrais chez moi suite à mes courses à Ponty, prés de la place de l’Indépendance, Boulevard Léopold Sédar Senghor. Il faisait une chaleur de plomb. Moi qui a grandi au Baol, cette chaleur ne m’a guère perturbée. Tout simplement, le thermomètre à Diourbel tourne au tour des 40 degré la journée..

Je me rappelle au Collège, nous marchions défaut de car ou taxi, une distance de 4 kms matin ou soir, pour espérer être bien avant l’heure. Inutile d’être un bon mathématicien pour savoir que le chemin le plus court mène toujours vers la ligne droite. Et la brousse en était pour nous. A l’arrivée, nos jambes poussiéreux, la sueur mouillé nos habits, et on rentrait en classe sans ventillation  avec des zincs sur le  toit.

Ces conditions insupportables, la population dakaroise est entrain de vivre cela avec les bruits incessants des groupes électrogènes.  Visiblement, les commerçants courageux, fiers sont alignés parfois mobiles tout au long des trottoirs, avec des emmerdements journaliers des jeunes volontaires de la ville de Dakar qui confondent leur rôle citoyen de remettre les gens dans leur place pour dégager la voie publique à des tentations autoritaires. Chacun essaie de crier à haute voix pour se faire attendre dans ce climat boursier à la crié. A ma gauche, j’aperçois des clients qui sautent sur une fille pour lui arracher ses crèmes glacés à moitié. A ma droite, le cireur qui se cache sous un abri de carton pour se rafraichir. 

J’image l’angoisse de ses journées d’enfer. J’imagine mon cousin tailleur Samba qui n’a pas malheureusement les moyens pour s’acheter un groupe d’électrogène. Il ne va pas honorer ses engagements, ses commandes à temps. J’imagine cette mère de famille qui voit ses légumes, poissons… pourrir parce que le frigo d’habitue bavard est devenu depuis quelque temps timide. J’imagine le père de famille qui voit sa facture doublée alors le compteur ne marche que 4 heures par jour. Une escroquerie où la justice se tait. Un silence généralisé, peur ou fataliste ? J’imagine le taximan qui voit le litre de gasoil triplé au point de voir sa recette quotidienne chuté vertigineusement. J’imagine le jeune qui veut voir la lutte ou la league des champions quitte d’un quartier à un autre pour suivre un match nocturne avec des projecteurs qui éclairent comme le jour. J’imagine le cri silencieux du peuple. Je me désole de ses lieux publics sans les citer en éclairage continue.

Chaque pouvoir nous promet depuis 20 ans de rétablir la situation mais en vain des échéances qu’on  repousse à chaque fois. Alors respectez le peuple, le pouvoir comme l’opposition, l’ancien régime comme l’actuel. Pour nous la responsabilité est partagée. C’est pourquoi il est urgent d’organiser ensemble des états généraux de l’énergie. Ils doivent accepter  sans condition de s’assoir sur une table et taire leur pratiques obscènes, politiciennes. Le Sénégal n’est pas la Tunisie ou l’Egypte c’est vrai. Mais la situation risque de vous échapper. Une révolution est toujours imprévisible. Alors fait attention.

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Le clientélisme bête noir des jeunes diplômés sénégalais

14 Janvier 2011 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

Pour des raisons précises, j’ai longtemps hésité à évoquer ce sujet : la difficulté des jeunes diplômés à trouver  leur premier emploi. C’est parce que aujourd’hui, j’ai plus honte à taire ce silence qui nous tue. Oui la plus part des jeunes n’en parle jamais publiquement. Moi je le fais ici au  lieu pour le clamer. Ce n’est que la « voix des sans voix ».

Suivant l’actualité, nous notons depuis quelques jours des manifestations de la population tunisienne contre le régime de Ben Ali. Deux aspects attirent notre attention :

  • la Tunisie est toujours considérée comme un modèle économique ces dernières années
  • la gronde vient en grande partie des jeunes diplômés.

Toujours selon l’actualité, le phénomène des jeunes diplômés à insérer le monde du travail est visible en Chine, en Europe, au USA… un investissement couteux et une rentabilité nulle.

Chez nous aussi on remarque bien avant le même phénomène mais une particularité qui fait la grande différence. Le clientélisme hérité depuis l’indépendance bloque les jeunes qui ne sont pas dans le système. Si nos entreprises ne sont pas compétitives au niveau international cherchons à ce niveau comme réponse. Par contre Les entreprises américaines, chinoises, européennes  ont compris pour avoir un poids dans la mondialisation, il faut être flexible, compétitif, seul le résultat compte. Cela passe impérativement par le recrutement des meilleurs. Nous en Afrique, nos dirigeants du secteur public comme privé savent contourner les règles pour recruter leur personnel nécessaire suivant des liens de parenté, d’amitié etc. Face à la mondialisation,  les occidentaux ont compris l’éthique de recruter les meilleurs non à des considérations émotives mais à celles objectives. J’image l’angoisse de nos chefs d’entreprise s’ils s’écartent de ce système. Si aujourd’hui nous ne décollons pas faut pas voir loin. C’est ça notre maladie, notre défaut. Continuons à pratiquer ces pratiques pour attendre que le pays soit émergent. Je ne le pense pas. Et j’attends avec impatience celui qui va me démontrer le contraire.

Moi je suis étudiant et prépare mon Master 1 en Finance dans une école de commerce à Dakar (Supdeco). Je n’ai pratiqué aucun stage indépendant de ma volonté malgré les multiples demandes. Pour autant je ne me considère jamais comme incompétent. Mon seul soucis; est ce fait tout ce qu’il fallait dans la légalité ? Je n’ai aucune haine aux entreprises qui n’ont pas répondu favorablement à mes demandes. En fait c’est le système qui ne nous aide pas. Par principe : les meilleurs méritent d’être devant pour pousser tout le monde et rester toujours dans la légalité. Une demande de stage, d’emploi est un processus interne à l’entreprise.

Ayons la culture de méritocratie à tous les niveaux.

Cherchons à appliquer un système pour favoriser le rêve africain.

Aussi dur, n’éloignons nous jamais de l’éthique. Si on bafoue cette règle, notre dignité sera remise en question.

Seul le travail paie, alors continuons à travailler dans la dignité, un jour viendra les entreprises vont nous  draguer.

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Elections ivoiriennes: jurisprudence dangereuse pour l'Afrique

4 Décembre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

L’image que donne actuellement la Côte d’Ivoire au monde, sans tomber dans l’euphorie partisane des dirigeants ainsi que ceux des autres  de la sous région, ne l’honore pas, n’honore pas l’Afrique toute entière.

Quatre jour après les élections du 2e tour et des dizaines de milliers de recours, procès verbaux, la CEI ( Commission Electorale  Indépendante) proclame jeudi le Candidat Alassane Dramane  Ouattara, président élu avec plus de 54% sur son adversaire le Président candidat Laurent Bagbo. Le lendemain, c’est la grande confusion car le Conseil Constitutionnel se saisit du dossier pour inverser le résultat initial en donnant la victoire au président gagnant.

Dans l’histoire politique de l’Afrique Noire, c’est du jamais vu : deux présidents dans un pays.

Entre légalité et légitimité, nous sommes confrontés. Au delà du combat juridique, je pense la décision du Conseil Constitutionnel ne doit en aucune manière faire une jurisprudence. Il serait plus sage de forcer les deux candidats à retourner aux urnes. Encore la responsabilité incombe au président Laurent Bagbo, après dix années de pouvoir, un pays meurtri de guerre, toujours pas pacifique, sans réconciliation, un blocage économique, la sagesse voulait qu’il accepte le verdict du Conseil le mot n’est pas fort, le « martyr » d’une paix durable en Côte d’Ivoire, d’une réconciliation entre les frères et sœurs. Il n’est dans son rôle en tant que gardien de la constitution de poser des actes qui appelleront inévitablement à la violence. La Côte d’Ivoire a besoin maintenant d’une paix durable. Si le pays marche lentement (je pense dix ans ça suffit) c’est toute l’Afrique Occidentale qui entonnera le même rythme, alors nous sommes déjà suffisamment en retard. Il n’est pas de notre intérêt. Regardons parfois l’intérêt du peuple, ses profondes aspirations et non le poste. On peut être utile sans le poste président. L’histoire retiendra l’image positive, même si le débat sera toujours, ses propositions seront légales, où la Côte d’Ivoire à traverser. Abdou Diouf l’a fait sans regret en 2000 au Sénégal et aujourd’hui au plan international sa respectabilité est renforcée. N’ayons pas peur de laisser le pouvoir à temps. Entant que pan africain, nous faisons le même appel à notre président Me Abdoulaye Wade, Blaise Compaore  d’autres à faire de même.

Nous, cette jeune génération, nous appelons nos vieux dirigeants qui s’agrippent au pouvoir par des moyens légaux et/ou illégaux à regarder un peu la souffrance de la population. Nous sommes pris en otage par une bande de vieux nostalgique des années d’indépendance. Ils ne sont pas toujours conscients que le monde à bouger. La démocratie en Afrique est en marche, ça les dirigeants têtus ne l’ont pas compris. En Côte d’ivoire, en Guinée ou ailleurs, la population au lendemain des élections n’a qu’une seule envie aller au bureau, au marché. La vie doit continuer après les élections. Le peuple africain a dépassé cette démagogie, cette propagande fasciste des dirigeants. Le peuple s’est réveillé.

C’est pourquoi, il faudra en Afrique une génération nouvelle d’hommes politiques qui comprennent mieux le monde. De passage, nous félicitons la sagesse, le dépassement de Cellou Dalein candidat malheureux ou heureux qui a accepté dignement le verdict de la Cour Supprême félicitant son adversaire politique, Alpha Condé.

Nous disons vive la Guinée, vive l’Afrique démocratique en marche.

Nous serons très fiers que nos dirigeants réagissent bien sur cette situation insupportable en Côte d’ivoire.cote-d-ivoire-drapeau

 

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Voyage chez les Haal Pulaar au Fouta Toro - Sénégal

1 Août 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

" Se taire et écouter la voix de l'Afrique " " Choisis la bonne piste ! Si tu choisis la brousse, ne te plains pas des épines "... Ce proverbe Peul, teinté de réalisme, prend tout son sens dans le contexte de la région dont je vais vous parler maintenant.

Après quelques voyages sur le Continent Noir, la découverte des villes et des villages, j’ai rencontré le sourire des enfants, la beauté des femmes et la noblesse des hommes, la vie m'a emmené sur une piste (serait-ce la bonne ?) que je ne me lasse pas de parcourir malgré les épines qui la parsème. Mes pieds ont foulé le sol d'une Terre emprunt de mystères et de secrets, une Terre où dit-on, les sorcières, les génies, les maîtres des eaux et de la brousse, après avoir tant parcouru le monde à la recherche d'un lieu paisible, se sont finalement arrêtés. Et c'est parmi les Haal Pulaar "ceux qui parlent Pulaar" qu'ils décidèrent de faire Vivre leur magie. Cette Terre, c'est le Foûta Tôro, appelée aussi Fouta Sénégalais.

S'étendant de Dagana au Nord jusqu'à Bakel à l'Est, en passant par Podor et Matam, c'est toute l'Histoire et la Culture d'un Peuple fascinant qui nous fait face. Les yeux rivés vers l'horizon en direction du fleuve, et c'est la Mauritanie. Un peu plus bas, ce sera le Mali. Le Foûta est un carrefour, un "carrefour des cultures" pour reprendre l'expression d'Oumar Bâ (c.f. Le Foûta Torô, au carrefour des cultures, éditions l'Harmattan) où cohabite une multitude de Peuples et de croyances. Mais attention, que l'on vienne empiéter sur son territoire, dénigrer sa culture et ses croyances, et ce Fouta noble et fière se lèvera tel un seul homme pour défendre ses valeurs.

Descendant de la haute noblesse Egyptienne, ces pasteurs Peuls, les Fulbés comme ils s'appellent eux-mêmes, ont migré à travers toute l'Afrique Subsaharienne au gré des vents et des pâturages, toujours fidèle à leurs troupeaux de vaches. Et c'est au Fouta Toro que leurs vaches trouvèrent les meilleurs pâturages. Bien plus tard, ils repartiront vers l'Est et cette fois ils n'oublieront pas de disséminer leur culture et leur langue à travers une 20aine de pays sur toute la bande Sahélienne. Ainsi, il n'y a pas que le Fouta Toro qui porte cet étrange nom de "Fouta", on trouve ses frères: le Fouta Jallon en Guinée et le Fouta Macina au Mali. Une origine mystérieuse donc, qui selon les traditions orales des Peuls nous renvoie au fabuleux pays de Heli et Yoyo où il y a très, très longtemps, avant leur dispersion à travers l'Afrique, les Peuls auraient vécu heureux, comblés de toutes les richesses et protégés de tout mal, même de la mort. Par la suite, leur mauvaise conduite et leur ingratitude auraient provoqué le courroux divin. Guéno (le Dieu suprême, l'Eternel) décida de les châtier et suscita à cet effet une terrible et maléfique créature, Njeddo Dewal la grande sorcière, dont les sortilèges feront tomber sur les malheureux habitants de Heli et Yoyo des calamités si épouvantables que, pour y échapper, ils devront fuir à travers le monde.

Le Sénégal est l'un des premiers pays en Afrique à s'être ouvert au tourisme, les plages de la Petite Côte, la Casamance, le Siné-Saloum ou plus au Nord la tranquillité de la ville de Saint-Louis, sont connus de la plupart des toubabs (blancs). Mais celui qui s'aventure sur la route de la Vallée du Fleuve Sénégal après Saint-Louis risque de découvrir un Sénégal dont il n'a jamais entendu parler. Même les Sénégalais vous diront, l'air surpris et à la fois admiratif, " mais que vas-tu faire là-bas ? ".

Le Fouta, c'est le règne de l'authenticité, de la simplicité et de la spiritualité. De petits villages qui bordent le goudron ou des hameaux que vous apercevez au loin en vous demandant qui peut encore vivre là-bas. De magnifiques "Tibas" (habitations traditionnelles Peuls en banco et toit de paille) flirtant discrètement avec les maisons en ciment. Les bergers conduisant leurs immenses troupeaux de vaches et de moutons avec plus de facilité que vous ne conduisez votre voiture. Les enfants qui vous regardent l'air surpris, se demandant eux aussi qui peut venir leur rendre visite jusqu'ici. C'est le quotidien d'un voyage sur la route du fleuve dans cette région aride et désertique durant la saison sèche mais dont la verdure renaît durant la saison des pluies, comme pour vous signifier que la vie n'est qu'un éternel recommencement. Souvenez-vous, " ne te plains pas des épines ". Ici, ce n'est pas les maladies qui vous arrêteront, ni le manque d'eau ou de nourriture, non ! Les épines du Fouta ce sont ces routes à peine goudronnées si bien qu'il est préférable de rouler sur le bas-côté, ce sont aussi ces vaches, ces ânes et ces moutons qui traversent et s'immobilisent au milieu de la route vous obligeant à utiliser votre klaxon, que dire encore de la monotonie de son paysage qui vous donnera l'envie de faire un petit somme en attendant d'arriver à destination. Mais, c'est aussi et surtout son soleil écrasant. Un soleil si Puissant que vous ne remercierez jamais assez les quelques vendeurs de glaces venant du Mali pour amener la fraîcheur dans les petits villages du Fouta. Tout le monde est le bienvenu au Fouta, sauf celui qui ne supporte pas la chaleur... et ce soleil saura vous rendre le voyage difficile histoire de tester vos facultés d'adaptation. Lorsque vous rencontrerez tous ces éléments au Sénégal, c'est signe que vous êtes allés plus loin que le simple touriste et que vous êtes arrivés au Fouta.

Ne vous attendez pas à voir une Afrique que les clichés ont dénaturé. Ici, c'est bel et bien la brousse, mais ce sont les Baobabs qui en sont les propriétaires et qui vous transmettront leur savoir ancestral à l'occasion. Enracinés dans une terre qu'ils connaissent depuis des millénaires, ces arbres courageux sont les rois de la brousse. Qu'il pleuve ou qu'il vente, que le soleil les étouffe ou qu'une tempête s'abatte sur eux, ils ne cillent point et affrontent la vie avec sérénité, de grandes leçons pour les hommes que nous sommes. Le véritable maître de la brousse (JomLadde en Pulaar), le lion, est parti vers d'autres contrées laissant place à quelques rares hyènes et chacals, même si les anciens du Fouta se souviennent dans leur jeunesse en avoir vu quelques spécimens...

Ne vous attendez pas non plus à voir l'Afrique télévisée. Ici, pas de tam-tams, ni de masques, ni de danses euphoriques à la limite de la transe. C'est la Vie dans sa plus pure simplicité qui a pris possession de la région. Ne vous attendez pas.... d'ailleurs, ne vous attendez à rien de particulier, vous pourrez passer dans cette région et ne rien voir du tout car en vérité, et il faut le dire, il n'y a rien à voir ni à faire. A l'image de ce que Martin Luther King disait " Tout ce que nous voyons n'est qu'une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas ". Ce Fouta recèle des mystères insondables aux Hommes, aussi bien que les voies de Dieu sont impénétrables. C'est au Fouta que des questions ne trouvent pas de réponses, et que des réponses n'ont pas de questions. Les Foutankés (habitants du Fouta) vous le disent, des forces invisibles existent et agissent, des forces que même l'oeil ne peut nommer mais que l'Homme peut découvrir et s'approprier s'il est attentif. Le vent, les tempêtes de sable, la pluie, le soleil, un arbre, un animal, un enfant. Tout est signes et langages et communiquent à chaque instant. " Se taire et écouter la voix de l'Afrique " me répétait un Griot Haal Pulaar, " Ramène ça chez toi, l'occident en a besoin" ... "Se taire et écouter la voix de l'Afrique".

Le Fouta, terre des marabouts, est un haut lieu spirituel et ses habitants de fervents religieux. En longeant la route du fleuve, vous serez surpris par le nombre incalculable de mosquées, parfois deux par villages, les anciennes en banco côtoyant les plus modernes aux couleurs de l'Arabie Saoudite. Ceux qui connaissent le Mali sont peut-être déjà allés à Djenné visiter sa grande mosquée en banco, la plus ancienne d'Afrique de l'Ouest. Mais qui sait que c'est au Fouta, dans le petit village de Séno Palel, que se trouve la deuxième plus ancienne mosquée, fièrement gardée par la noble famille DAFF ? En effet, c'est au Fouta Toro que l'Islam Noir est né. Les Peuls et les Toucouleurs sont les premiers à se convertir à l'Islam à partir du XIème siècle et à propager la Foi Musulmane dans toute l'Afrique de l'Ouest. C'est un Islam pur et saint. Ici, on ne connait pas les Mourides ni les Baye Fall, et on ne boit pas le célèbre café Touba cher aux Mourides. Non, ici, c'est la confrérie Tidjane qui a déposé ses marques, représentée par le grand chef religieux et conquérant El Hadj Omar Tall. Ndioum, Podor, Matam, Kanel, Bakel. Tant de villes qui ne laissent pas leurs visiteurs indifférents.

Vestiges de grands royaumes Peuls, témoins de l'arrivée des troupes coloniales et fomenteuses de révoltes contre les envahisseurs étrangers, ces villes résistent inlassablement aux aléas du temps. Serait-ce cette histoire d'Amour avec ce fleuve qui les a vu naître qui les fait rester immobile et indifférente face à la conquête de la modernité ? Possible. Tiraillée entre deux rives, deux pays, c'est finalement vers le Sénégal, dont il a pris le nom, que son Coeur a chaviré. Les thioubalos (les pêcheurs) l'affirment, le maître des eaux (JomMayo) est ici chez lui, et personne n'a jamais réussi à le dompter. Il donne la boisson et la nourriture et à la nuit tombée, lors des veillées, on le remercie en chantant le Pekan à sa gloire.

Mais c'est au fin fond du Fouta, pratiquement à sa frontière la plus au Sud, à une 20aine de kilomètres de Bakel, qu'un petit village a conquis mon Coeur. Un village comme il en existe des milliers, voire même des dizaines de milliers sur le continent Noir.

Une école, un puits, une mosquée, des poules, des vaches et des moutons, des enfants toujours aussi souriants, des femmes sublimes dans leur grand boubou, les hommes occupés à jouer aux cartes à l'ombre du baobab... bref, un village somme toute assez banal. Mais " Ne juge pas un arbre à son écorce " dit l'adage. Un village vieux de 400 ans disent les documents de la région, 6000 ans leur répondent les villageois ! Quoi qu'il en soit, de nombreuses pages d'Histoire sont à écrire sur le village de Gaoudé Boffé. Oui, Gaoudé Boffé, c'est bien son nom ! Le Gawdi est un arbre épineux de la famille des acacias que l'on trouve dans les zones désertiques et qui produit des petits fruits utilisés dans les teintures. Boffé, on traduirait cela par "quelqu'un qui ne peut pas marcher" mais quel est le lien ?

Mystère, ce village, c'est 650 habitants, tous éleveurs et cultivateurs. Les Daff, les Bocoum, les Niane, les Ndiandé, les Kam, les Njine sont leur Yettode (Nom de famille, patronyme), celui des Diawando, la classe des Nobles. Mais en réalité, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, c'est la même famille. Qu'un évènement se passe dans le village, et tout le monde est au courant dans les minutes qui suivent, et les nouvelles s'étendent rapidement dans les villages alentours. D'ailleurs, il y a une place dans le village, le domaine réservé des hommes, que l'on appelle la BBC, et pour cause ! Le village n'a pas de facteurs pour recevoir les nouvelles, juste quelques télévisions et radios fonctionnant à "temps partiel", pour être au courant des dernières nouvelles c'est donc à la BBC qu'il faut se rendre. On apprendra qu'un tel est sorti discrètement la nuit dernière pour rejoindre une telle, qu'une demande en mariage s'est soldée par un refus des parents ou que telle personne n'a pas fait ses prières le jour du vendredi.

C'est la vie d'un petit village Africain qui défile devant nous. Au petit matin, réveillé par le soleil toujours aussi éclatant, le chant du coq et les bruits lointains des femmes déjà affairées à puiser l'eau du puits, c'est le signe d'une nouvelle journée qui démarre. D'ailleurs ce puits, parlons-en. Un peu à l'écart du village, c'est pourtant la place centrale et le domaine privilégié des femmes et même des petites filles. Un mélange de couleurs et d'odeurs nous envahit lorsque l'on s'approche. Les "gardiennes du puits" se retrouvent ici, vêtues de leurs plus beaux accoutrements, chacune rivalisant avec l'autre pour se distinguer. Ce sont de véritables joutes de paroles auxquelles les femmes s'adonnent de bon coeur. On échange des recettes de cuisine, on parle des hommes, on donne les dernières nouvelles du village, et on refait le monde au féminin. Mais un intrus se glisse discrètement dans ce monde féminin, le puiseur d'eau qui se charge de porter et vendre les bidons d'eau dans les familles, non seulement c'est un homme et en plus il est Malien ! c'est sûrement pour ça qu'on l'accepte, avec lui pas de soucis, les ragots peuvent rester au fond du puits. On peut aussi entendre fredonner des chants si vieux que personne n'en connait l'origine: Connais- tu mon Beau Village Qui se mire au clair ruisseau Encadré dans le feuillage On dirait un nid d’Oiseau Ma Maison parmi l’ombrage Me Sourit comme un Berceau Mais nous sommes Alarba (Jeudi) et c'est un jour spécial pour tout le village.

Un jour que tout le monde attend avec impatience et que personne ne louperait, le jour du marché. Jamais ce lieu n'a mérité aussi son nom qu'ici, "marché". 5 Kms pour certains, 10 pour d'autres, bien souvent plus, c'est à pied ou en charrette que l'on s'y rend avec l'impatience d'humer de nouvelles odeurs. Bissap, gingembre, menthe, poissons séchés, mangues, le tout mélangés avec quelques cubes maggi, c'est le nez et le panier bien rempli que l'on rentre chez soi. Le marché de Boundy, c'est là que l'on rencontre toute l'Afrique de l'ouest et son panel de langues. Un véritable défilé ! La Mauritanie, la Guinée et le Mali défilent en tête côtoyant jalousement le pays d'accueil, le Sénégal. On parle Pulaar, Bambara, Maure, Soninké, teinté d'un peu d'Arabe. Alors on tente, on essaye "No'mbada?", "Igakéné?", et on attend les réactions pour savoir en quelle langue s'adresser. Mais le soleil frappe fort maintenant et la chaleur nous demande de rentrer, parti à 9h il est déjà 15h et on nous attend pour le repas, peut-être même pour le thé... Il n'y a pas grand chose à faire en cette période, les travaux des champs ne sont pas encore commencés. Et que quelqu'un s'aventure à partir couper du bois en brousse et le soleil le rappellera bien vite à l'ordre. Discuter et boire le thé fait partie du quotidien en cette saison sèche. Malgré tout, les journées sont toujours ponctuées de quelques animations comme pour briser la routine. Un concert à quelques kilomètres là où l'électricité ne fait pas défaut, un tournoi de luttes traditionnelles, les fêtes religieuses, les baptêmes, les mariages, la circoncision, l'accueil des étrangers, l'inauguration d'un bâtiment, et c'est l'occasion pour tous les villageois de se retrouver en laissant de côté leurs éternelles querelles de familles.

Le village de Gaoudé Boffé a un frère jumeau 1 km plus loin, c'est Gaoudé Wambabé, si proche et pourtant si différent. Les Wambabé (bambado au singulier) sont la classe des Griots. A l'origine, une vache. Les Peuls surveillaient la vache avec leur fameux bâton de berger, et les forgerons sculptèrent une calebasse pour en récolter le lait. Le Bambado eu l'idée de récupérer la calebasse et la peau de la vache puis l'a ajouté au bâton de berger et c'est une guitare qu'ils ont fabriquée. Cette guitare, c'est leur fierté et leur honneur, et rien ne pourrait les en séparer. A peine mettez-vous le pied chez une famille Bambado, et c'est la guitare qu'il vous joue avec cette mélodie envoûtante propre à l'Afrique traditionnelle. Les enfants du village prennent plaisir à vous raconter des contes et des légendes qu'ils connaissent sur le bout des doigts et qu'ils ont appris de leurs parents, qui eux-mêmes ont appris de leurs parents, et ainsi de suite. Les Wambabe sont un peuple curieux qui conserve intact la tradition orale Africaine et les généalogies des grandes familles du Fouta. Conscient de leur culture ancestrale et de leur place au sein de celle-ci, l'apprentissage fait partie de leur quotidien, chaque phrase prononcée fait l'objet de la plus grande attention, surtout chez les plus petits. On dit même qu'à l'école de Gaoudé Boffé qui regroupe les enfants des deux villages, les enfants des Wambabe seraient plus attentifs et auraient des meilleures notes...

A Gaoudé Boffé, on m'avait parlé d'une femme, une vieille femme qui vit à Gaoudé Wambabé et que je devais impérativement aller voir. Dans la région, tout le monde la considère comme sa Maman avec un mélange de crainte et de respect pour ses pouvoirs magiques. A peine entré dans sa petite bâtisse et l'on comprend tout l'intérêt de venir la visiter. Ce petit bout de femme, une vraie Mama à l'Africaine, est une guérisseuse traditionnelle. Quelques poudres et des fétiches pour amener des Bénédictions sur son hôte de passage, et c'est avec la protection de Dieu que l'on repart. Son véritable Pouvoir, c'est le Savoir. Cette femme est éduquée et connait beaucoup de choses de par ses voyages, et son Coeur est tout simplement bon. Je rends hommage à ma Grand-mère Wambabé dont je porte jusqu'à aujourd'hui ce fétiche qu'elle m'a transmis et qui me guide dans le labyrinthe de la Vie.

Il y aurait tant de choses à dire et à décrire sur ces deux villages, mais il est temps d'achever ces quelques lignes au risque de vous en dévoiler trop. Carnet de notes, récit de voyages, fresques poétiques, peu importe le terme employé, le Fouta fait appel à de nouveaux sens, à l'imagination de chacun. L'imagination de ceux qui osent pénétrer sur son territoire et l'imagination de ceux qui l'habitent.C'est ainsi que cette région a su préserver son Peuple et ses traditions à travers le temps. Alors si au détour d'une route ou plutôt d'un sentier, vous apercevez un Homme blanc au Coeur noir, vêtu d'un Boubou aux couleurs Sénégalaises et armé du bâton des bergers Peuls, venez le saluer, et peut-être tomberez-vous sur moi.

Pour terminer, je laisserais la Parole à un Ancien, au hasard d'une rencontre, qui me laissa ce Message " Celui qui peut Vivre au Fouta, parmi les Haal Pulaar, peut Vivre partout dans le monde."

Dawuda David DUPUY

Association AED - Action Enfance Développement - Saint Louis Sénégal : www.myspace.com/aedsenegal

Association Kalif 'Art - Podor Sénégal : www.myspace.com/kalifart

Festival Bamtaare Lawre Gawde Bofe : festivalbamtaarelawregawde@laposte.net

Tél : 06.82.46.53.40

www.senegalfouta.canalblog.com

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Ensemble, agissons autrement pour le monde rural

8 Avril 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

L'autre jour, je voulais évoquer seulement le coté merveilleux du Baol. Au fond et après lecture, je me suis rendu compte de l’oubli, du fait de la précipitation certainement, d’un certain nombre d’informations importantes comme la structure sociétale. Je vous promet ce n'est qu'une partie remise.


Aujourd’hui, il est temps d’évoquer un sujet qui fâche dont personne n'ignore son existence et malheureusement relater par des discours démagogiques des politiciens: il s'agit de l'exode rural.

Que constate-t-on aujourd’hui dans le monde rural ? C’est l’exode massif vers les villes et particulièrement vers Dakar. En effet, il rencontre un problème majeur.Depuis quelques années, il est confontré à une faible pluviométrie qui a des répercussions sur la rentabilité des récoltes, et avec le peu de récoltes, un autre problème s'y ajoute. On constate que ces populations subissent une grande mafia de la part des opérateurs économiques qui achètent leurs récoltes à crédit et à des prix très bas, avec la complexité de l’Etat. Non seulement, le prix des récoltes ne correspond pas à la réalité du marché, en plus le paiement n’est pas au comptant.  En donnant leurs récoltes, elles reçoivent des « bons » dont la durée de paiement est si longue que le cultivateur souffre avant de voir la couleur de l’argent. Cette longue attente correspond à une longue souffrance. Alors, elles sont obligées de recourir à d’autres moyens pour survivre. Ce qui explique la grande vague de l’exode rural. Au village, seuls les femmes, les vieux et les enfants restent  avec leur courage « Diome ».

Avec le régime socialiste, sans faire de la politique, c'est juste un constat, le monde paysan était bien traité cela depuis Senghor. Ce n’est pas au hasard qu’à chaque fois le P.S a remporté les élections dans ces zones. Malgré les bonnes intentions de moderniser l’Agriculture du gouvernement libéral (bassins de rétention, pluies artificielles, changement des cultures traditionnelles comme le sésame, le mais), ces populations ne voient guère leurs situations s’améliorer. Pire, elles sont menacées par la colonisation des terres avec encore une fois la complexité de l’Etat. On donne des terres aux chinois moyennant quelques chèques sous table  qui devaient être reversés à ce monde rural qui en n’a bien besoin. Cette contrepartie va subir une grande corruption de la part de nos dirigeants. On donne leur terre aux chinois et leur explique par les bonnes paroles de se débrouiller. Si les terres ne sont pas cultivées par les paysans cherchons les causes justes ; Jamais, on ne leur a donné pas les moyens et la connaissance. C’est bien beau ces discours. Mais on voit toute la contradiction à l’image des sommes faramineuses pour leur « Folklore ». Ce gaspillage pouvait servir à acheter des tracteurs pour les communautés rurales. Les « Caisses noires » du Président de la République et du Président de l’Assemblée Nationale peuvent servir à moderniser l’Agriculture. Les solutions sont immenses comme le sont les dérives de nos  dirigeants. Si le monde rural arrive à une autosuffisance alimentaire cela équivaut à régler définitive l’exode par conséquent tous les problèmes des villes principalement Dakar. Dakar n’est pas le Sénégal, c’est aussi le monde rural, l’intérieur du Sénégal.

Apolitique, je suis tout simplement en compatit avec le peuple oublié qui ne cri pas sa souffrance. Le brave ne crie pas car sa dignité ne lui permet pas.

Cultures-Cultivations.jpg

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