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A Franck Tony Ndong

Cher camarade de classe,  frère africain,

J’ai su aujourd’hui grâce à notre discussion de l’intérêt que tu portes sur ce modeste blog. Je commettrais une double erreur à me vanter ou à me minimisant. Car au fond (je me lis tous les jours), je m’aperçois des lacunes grammaticales, vocabulaires. Je l’affirme sans honte je ne maîtrise pas cette belle langue : le français qui n’est pas d’ailleurs  la mienne. Je ne fais qu’à travers le peu acquis à l’école, ma documentation personnelle pour exprimer le mieux mes sentiments, mes idées. L’honnêteté en soi m’oblige à refléter ceux-ci de la manière la plus fidèle possible. C’est pourquoi mon écriture traduit de la violence parfois, de l’engagement, du compromis, de la solitude, du bonheur en tout cas recherché. Je ne cherche nullement à plaire tout le monde. Comme disait l’autre sinon mieux vaut être invisible.

Tout ce que j’écris est mon point de vue qui n’est jamais exempté de critique. Les critiques sont toujours  les bienvenues. C’est dans la contradiction que j’aillerai la lumière, la vérité. Il n’y a jamais une vérité mais des   vérités qui elles mêmes se repoussent, s’alimentent et se rejoignent devant l'essentiel.

D’ici 30 ans probablement, comme tu me l’as toujours conseillé, j’écrirais un livre. Mais avant, je me concentrais à soigner mon grammaire, mon vocabulaire. Cela sera le puzzle de mon vécu, mes peines, mes joies. Personne ne peut mieux que moi être dans ma peau.

Moi à mon tour, je te demande une faveur Frank de faire la politique pour changer les choses. Tu as le latent, la motivation qui se voit dans tes yeux quand tu parles. L’Afrique a besoin des gens comme vous contrairement à nos vieux politiciens qui sont complètements passés à coté de l’histoire.

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Ensemble, agissons autrement pour le monde rural

L'autre jour, je voulais évoquer seulement le coté merveilleux du Baol. Au fond et après lecture, je me suis rendu compte de l’oubli, du fait de la précipitation certainement, d’un certain nombre d’informations importantes comme la structure sociétale. Je vous promet ce n'est qu'une partie remise.


Aujourd’hui, il est temps d’évoquer un sujet qui fâche dont personne n'ignore son existence et malheureusement relater par des discours démagogiques des politiciens: il s'agit de l'exode rural.

Que constate-t-on aujourd’hui dans le monde rural ? C’est l’exode massif vers les villes et particulièrement vers Dakar. En effet, il rencontre un problème majeur.Depuis quelques années, il est confontré à une faible pluviométrie qui a des répercussions sur la rentabilité des récoltes, et avec le peu de récoltes, un autre problème s'y ajoute. On constate que ces populations subissent une grande mafia de la part des opérateurs économiques qui achètent leurs récoltes à crédit et à des prix très bas, avec la complexité de l’Etat. Non seulement, le prix des récoltes ne correspond pas à la réalité du marché, en plus le paiement n’est pas au comptant.  En donnant leurs récoltes, elles reçoivent des « bons » dont la durée de paiement est si longue que le cultivateur souffre avant de voir la couleur de l’argent. Cette longue attente correspond à une longue souffrance. Alors, elles sont obligées de recourir à d’autres moyens pour survivre. Ce qui explique la grande vague de l’exode rural. Au village, seuls les femmes, les vieux et les enfants restent  avec leur courage « Diome ».

Avec le régime socialiste, sans faire de la politique, c'est juste un constat, le monde paysan était bien traité cela depuis Senghor. Ce n’est pas au hasard qu’à chaque fois le P.S a remporté les élections dans ces zones. Malgré les bonnes intentions de moderniser l’Agriculture du gouvernement libéral (bassins de rétention, pluies artificielles, changement des cultures traditionnelles comme le sésame, le mais), ces populations ne voient guère leurs situations s’améliorer. Pire, elles sont menacées par la colonisation des terres avec encore une fois la complexité de l’Etat. On donne des terres aux chinois moyennant quelques chèques sous table  qui devaient être reversés à ce monde rural qui en n’a bien besoin. Cette contrepartie va subir une grande corruption de la part de nos dirigeants. On donne leur terre aux chinois et leur explique par les bonnes paroles de se débrouiller. Si les terres ne sont pas cultivées par les paysans cherchons les causes justes ; Jamais, on ne leur a donné pas les moyens et la connaissance. C’est bien beau ces discours. Mais on voit toute la contradiction à l’image des sommes faramineuses pour leur « Folklore ». Ce gaspillage pouvait servir à acheter des tracteurs pour les communautés rurales. Les « Caisses noires » du Président de la République et du Président de l’Assemblée Nationale peuvent servir à moderniser l’Agriculture. Les solutions sont immenses comme le sont les dérives de nos  dirigeants. Si le monde rural arrive à une autosuffisance alimentaire cela équivaut à régler définitive l’exode par conséquent tous les problèmes des villes principalement Dakar. Dakar n’est pas le Sénégal, c’est aussi le monde rural, l’intérieur du Sénégal.

Apolitique, je suis tout simplement en compatit avec le peuple oublié qui ne cri pas sa souffrance. Le brave ne crie pas car sa dignité ne lui permet pas.

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Deux jours inoubliables chez nos cousins à plaisanterie Sérères

 

De retour depuis hier nuit, d’un bref séjour au Baol, une région historique du Sénégal qui a connu une longue période glorieuse, un royaume, des rois célèbres, une région agro-pastorale, majorité de Sérères, un peuple animiste puis musulman très récemment, une société égalitaire.


Malgré l’Islam, ces populations gardent jalousement leurs croyances ancestrales, même si cela à tendance à disparaître un peu partout en Afrique. L’arachide et le petit mil sont les cultures dominantes. L’Openfield (champs ouverts sans clôture) caractérise la structurelle spatiale avec une rotation des cultures en trois qui entoure le village. Ainsi chaque année un champ est laissé au repos, réservé aux bétails pour sa fertilisation. Ainsi on évite l’appauvrissement des terres et l’utilisation des angrais chimiques.  Ensuite les deux autres champs on y cultive l’arachide et le riz. Ainsi de suite cela s’est fait pendant des millénaires. Voila une pratique écologique qui doit inspirer l’Occident. Dans ce domaine, nos cousins Sérères sont les champions du monde. Sablonneux, le sol ne nécessite pas des matériaux agricoles sophistiques, on a ajuste besoin d’un âne ou cheval, une machine et un « Hilérre ». C’est une zone semi-désertique dominée  par le « Kad ». J’ignore son nom scientifique. Je voulais juste m’arrêter sur cet arbre magique. Voilà un arbre exceptionnel et essentiel pour l’environnement. Il joue plusieurs rôles. Pendant la saison des pluies, l’hivernage c’est le seul arbre qui perd ses fruits disons il ne veut pas être comme tout le monde. Quand les autres profitent de l’eau de la pluie pour faire des fruits, lui prend cette eau pour l’estoquer et l’utiliser pendant la saison sèche. Ce qui fait c’est le seul qui représente la verdure en saison séche. La chaleur de cette période, nu n’était cet arbre, le temps aurait été beaucoup plus dur pour nos amis, cousins. C’est un véritable régulateur thermique. Enfin pendant cette longue période, sans lui, les bétails ne peuvent pas être nourris sans ces fruits. A côté, nous avons le « Bouye » ou le Baobab, un arbre dont la longévité est centenaire, ces fruits sont utilisés à base d’alimentation dans le « thiéré » par exemple. Justement les plats principaux du terroir sont  le « thiéré » ou couscous et le « laxe » ou bouilli.

Comme je l’ai dis en haut, c’est une société conservatrice. Dans le passé, ils habitaient avec nous les alpoular et les maures entre les deux rives du Fleuve Sénégal. La menace de l’Islamisation face à leurs valeurs ancestrales a poussé nos cousins Sérères à fuir un peu au Sud du centre et à l’Ouest du Sénégal. Les uns sont allés au Baol, les autres au Sine Saloum et au Joal. D’ailleurs puisque se sont nos cousins à plaisanterie, on n’interprète cette fuite par cette  irone. Si ce n’était pas la mer, ils seraient probablement aux USA. Au Sénégal, se sont nos cousins les plus proches car d’après les révélations orales, nous avons un ancêtre commun. La langue, les rites, les chansons… nous montrent une grande similitude des deux cultures. Une petite différence nous sommes les  rois et eux nos esclaves (rires...).

Je suis fan du Baol, une région où j’ai passé  20 ans. Vive , NDiarème, Bambey, Ndoulo, Khombole, Lambaye, Kaba la liste est longue  particulièrement  Réfane. Je ne cesserais jamais de l’aimer comme le sang du Fouta qui coule dans mes veines. A toi à moi. A moi à toi.

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Pour un métissage culturel

Une culture qui se recroqueville sur elle-même à tendance à disparaitre.


Aussi une culture qui s’ouvre sans limite aux autres  verra  inévitablement sa disparition avec un manque de repères. L a culture est l’âme de la société qui l’éclaire, le met en garde contre les menaces, de l’harmonie entre les membres de la communauté. La culture est un moyen pour l’homme de se sentir en sécurité dans l’état social contrairement à l’état de nature ou il était solitaire donc sans défense. La culture est en quelque sorte la religion avec ses dogmes. On y croit et se donne la bonne conscience de les justifier à chaque fois. La culture est la malice de l’homme à transformer le naturel par des astuces pour rendre la vie en communauté possible. Elle étouffe  positivement  le négatif de l’homme qui renonce à sa liberté totale, en contre partie vivre, en harmonie sans conflit  avec l’autre. La culture est spécifiquement temporelle et spatiale. Puisque nous ne vivons  pas dans un même endroit et chaque époque avec ses réalités expliquent la diversité culturelle.

La culture crée une mentalité qui se forge dès l’enfance pour murir à l’adulte. Cette mentalité portée comme un dogme et pour rien au monde on accepte de l’échanger ou la remettre en question. Normal dans la mesure où de l’initiation à la responsabilité on nous faisait croire les pratiques ancestrales représentent l’unique vérité. On ne peut pas du jour au lendemain changer d’avis tout en ayant une conscience tranquille.

Tout cela parce que j’ai constaté dans ma culture alpoulaar ou les autres, les traditions, us et coutumes sont  considérés seuls valables ou légitimes par les membres. Face à la fierté affirmée de l’autre, on a toujours cette tendance à se montrer insensible, cachée ou dévoilée. Ouvertement, nous assistons à un jeu pinc ponc. C’est bien mais en retour je me sens plus à l’aise dans la tienne.

Même adulte, on n’ose pas sortir de cette croyance collective et ancestrale pour une « mise à jour ». Les époques sont différentes, l’homme progresse, donc il faut tenir compte de l’évolution pour adapter la culture avec le temps. Ce qui se fait dans le temps par nos ancêtres   peut  se justifier : les codes de la société tels que le communautarisme la connaissance obligatoire de la langue, le partage, le respect, le mariage entre les membres du groupe, les rites…. Ces codes créent une barrière infranchissable en vue de protéger les membres contre la menace des autres. Si ces pratiques étaient légitimes dans le passé, elles ne sont plus valables maintenant. Le monde a évolué. Nous ne vivons plus seuls. Si on ne va pas vers les autres se sont eux qui seront chez nous avec plus de force pour nous imposer les leurs. N’ayons pas peur de s’élever sans perdre notre dignité en allant vers les autres pour puiser ainsi le positif, comparer en  enlevant  le négatif en nous. Dans ce sens, notre culture sera beaucoup plus riche et mieux protégée. « L’avenir appartient au métissage culturel » affirmait Léopold Sédar Senghor.

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50 ans d'indépendance entre socialistes et libéraux

A l’heure où le Sénégal, mon pays s’apprête à fêter les 50 ans de son indépendance,ce dimanche 04 Avril,  nous traversons les moments les plus difficiles de notre histoire politique. Deux points : la Démocratie et le Développement  nous semblent essentiels  d’aborder dans un but constructif. Cette fête coïncide avec les 10 ans de l’Alternance après le changement du régime socialiste qui a duré 40 ans.

Dans le domaine de la démocratie, on peut être compréhensif sans tomber dans ce fatalisme. La démocratie ne se fait pas du jour au lendemain. Nous sommes dans la phase de l’apprentissage. Il n’y a pas de honte à l’affirmer. Le Sénégal est une jeune démocratie comparée aux Etats-Unis depuis 1776 lorsque la Grande Bretagne lui en accorde après la guerre d’indépendance contre cette ancienne colonie ou la France en 1789 avec la Révolution Française quand le peuple se souleva contre l’ancien régime mettant ainsi fin au pouvoir monarchique. Ces deux pays sont aujourd’hui deux grandes puissances démocratiques. Cela s’est construit pendant des siècles de lutte. Le Sénégal est d’ailleurs cité comme un exemple en Afrique. Nous avons montré au monde entier qu’  « au lendemain des élections, on peut aller travailler et compter des bulletins et non des morts » comme le disait dans son allocution d’investiture en 2007,  le Président de la République Me Abdoulaye Wade.


Nous avons connu trois présidents : chacun avec son style, son façon de gouverner, ses résultats propres. Avec Senghor, nous avions un régime policé qui étouffait toute forme de revendications. Avec la crise de 1968 déclenchée au Sénégal par les étudiants parmi lesquels Abdoulaye Bathily, Amath Dansokho , Senghor a fini par laisser du lest. Avec l’arrivée d’Abdou Diouf, malgré les périodes sombres comme l’année 1988, l’assassinat de Me Babacar Seye, le vice-président de la Cour constitutionnelle abattu lors d’une élection en 1993, la dévaluation en 1994, en tout cas c’est son régime que le Sénégal est cité comme une émergente démocratie. Dès son arrivée au pouvoir en 1981 remplaçant ainsi Senghor qui s’est retiré sans doute fatigué par la politique et la confiance envers ce jeune Abdou Diouf malgré la tâche lourde était préférée aux Barons du Parti Socialiste, il prend une mesure historique. Il officialise le multipartisme. En 2000, après sa défaite électorale, chose inhabituelle ou jamais vu en Afrique, il prend son téléphone dans la soirée pour féliciter son adversaire. Abdoulaye Wade ; Enfin pour le compte de ce dernier, des progrès sont constatés. Un certain nombre de projets se sont vu naitre: les autoroutes à péage, les infrastructures dans les domaines de l’éducation, santé… la liberté de la presse (radios, télés, presses écrites). Je laisse librement l’appréciation à chacun.

Nonobstant, Chacun des présidents a apporté un apport à la fois positif. Senghor a construit la Nation Sénégalaise, Diouf l’Etat et Wade l’économie et négatif ; Senghor l’Etat policé, Diouf du fait de quelques facteurs notamment sa jeunesse, une opposition virulente, des catastrophes, des exigences pressantes des grandes instances internationales, la Banque mondiale ou le FMI, la dévaluation, enfin Wade la nauffrage du Diola, les dérives de l’alternance que nous constatons actuellement.

Peut être avec le temps on n’aura un autre regard, cela nous ne empêche pas de constater ; c’est sous l’alternance que les jeunes désespérés défient la mer au péril de leur vie pour le voyage clandestin en Europe dans les pirogues pour espérer une vie meilleure ; c’est sous ce régime que la corruption à atteint un niveau inégalable jamais constaté dans le passé, c’est sous ce régime qu’on assiste à la folie du pouvoir (monument de la Renaissance africaine, pratique obscure visant à une monarchie constitutionnelle ; c’est sous ce régime que la vie est beaucoup plus difficile pour le citoyen (inflation toujours galopante) ; c’est sous ce régime que le train de vie de l’Etat pèse lourdement pour le contribuable ; c’est sous ce régime que les hommes publics opposés au pouvoir se sentent le plus en insécurité ; c’est sous ce régime que la religion, dans ce pays traditionnellement laïque et indivisible, se mêle à la danse pour diviser les pauvres citoyens ; c’est sous ce régime que la politique devient le métier le plus facile pour gagner vite et mal de l’argent.

L’histoire nous jugera. Il nous faudra travailler dans la patience car il n’est jamais trop tard petit à petit l’oiseau fait son nid.

Bonne fête !!! Non disons prêt pour de nouvelles bases cette fois positives.

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