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Phénomène de lutte au Sénégal

Un week-end ne passe sans qu’on assiste à un grand combat de lutte au stade Demba Diop, à Iba Mar ou ailleurs.

Toujours l’enthousiasme est au rendez vous ! Les supporters ou amateurs concourent à dominer sur le plan de l’ambiance leurs adversaires sur le stade ou en dehors, devant le petit écran ou le poste de radio. Cela découle, comme on l’a assisté il ya trois semaines de la violence entre eux qui a vu la mort triste d’un.  Pour éviter que ces événements malheureux ne se reproduisent, les autorités chargés de cette structure, le CNG ont pris des mesures drastiques. Le CNG a raison dans la mesure où la lutte c’est notre sport national et ne doit aucunement véhiculer une image négative si on espère son exportation. N’oublions pas qu’elle fait partie de notre Téranga, notre hospitalité. La lutte fait partie de notre patrimoine national.Lutte_senegalaise.jpg

Ayant compris cet engouement, aujourd’hui la lutte est devenue un véritable business. Les sponsors comme Orange ou Tigo aident financièrement les promoteurs à organiser les grandes affiches avec des centaines de millions par lutteur. Chacun veut avoir de grand combat à son compte. C’est pas par hasard qu’il y a plus de licencier au Sénégal dans tous les sports réunis. Le matin tôt au bord des plages ou la nuit après le crépuscule des milliers de lutteurs s’entrainent comme des gladiateurs ayant à l’esprit le combat de la fin, du  siècle.

Etre un lutteur est devenu une réussite sociale au même niveau que le footballeur, le Haut fonctionnaire de l’Etat, le Doctor, le professeur d’Université, le Chef d’entreprise

Ca devient aussi une affaire de quartier, de ville. Certains même avancent sur le terrain glissant de l’ethnie ou du religieux pire selon moi que cette violence qu’on a évoqué en haut.

Avant, pendant et après les combats, les discussions sur les places publiques deviennent unique sujet. Parfois des injures fusent, on mise de l’argent, pire des titres fonciers. D’autres n’hésitent pas à jurer devant Dieu. Les marabouts aussi font leurs affaires avec les mystiques. Les petits commerçants vendent comme des petits pains les photos en somme des objets qui renvoient aux lutteurs. On se rappelle tous de ce fameux bonnet blanc de Modou Lô. Le public s’identifie à leur idole. Les médias réservent une grande partie à la lutte avec des émissions qui n’en finissent guère car qui accrochent le public. Un fait divers sur un lutteur, un contrat signé, les journaux sont assurés de vendre leurs écrits.

Beaucoup de choses restent pour décrire de la manière la plus exacte ce phénomène mais moi j’ai retenu une chose pour citer Kéba Mbaye l’hors de sa leçon d’inaugurale à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar aussi « cherchons à avoir de grands médecins, de grands ingénieurs, de grands professeurs, de grands spécialistes de l’économie et des finances et même des savants. »

C’est le Sénégal qui gagnera !

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Côte d'ivoire: Tristement Afrique !

Nous avons toujours crus à la démocratisation de l’Afrique en tant afro optimiste, son développement qui passera inévitablement par sa stabilité politique. Et sans intégration sur tous les plans, ce continent ne sera à jamais à l’image des zones émergentes comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.

Malheureusement, les événements en Côte d’Ivoire nous laissent croire que le chemin risque d’être long et pénible. Après la balkanisation du continent en micro-états, la vague des coups d’Etat dans les années 80 et l’omniprésence de la France-afrique, l’espoir était permis depuis que la démocratisation faisait son bonhomme de chemin par ci par là. Les partis uniques et cette génération d’hommes politiques soumises à l’occident, les vestiges de cette époque post indépendance, avaient presque disparu. Tout le monde pensait que l’Afrique pouvait enfin décoller, que nous avons pris nos destins en main. Malheureusement, on donne une occasion à nos maîtres d’hier de s’immiscer dans nos affaires. Actuellement, la majorité des africains trouve ironiquement légitime l’intervention des forces républicaines de Alassane Dramane  Ouattara armée par l’ancienne puissance coloniale, la France. La faute à qui ? Bien sûr au président Laurent Bagbo qui n’a pas voulu respecter la volonté de son peuple dans des élections libres. 

Dans cette histoire, tout le monde avait cru à la mort de la  France- afrique avec ses réseaux d’influence puissants pour sauvegarder leurs seuls intérêts. Elle avait perdu toute sa crédibilité depuis la vague de démocratisation en Afrique, le réveil de la  Chine et  des pays émergents, anciennement du Tiers monde qui commencèrent à entretenir des relations directes et franches avec nos états africains  pour sortir de leur situation de sous développement, enfin les Etats unis ont commencé à privilégier des relations économiques avec des pays qui feront des efforts démocratiques comme le Ghana. L’Afrique était bien partie avec un taux de croissance qui s’améliorait au fil des années. 

Si les Français arriveront à déloger Laurent Bagbo, à entendre Alain Jupé, Ministre des Affaires étrangères français qui affirme : «  les heures de Laurent Bagbo sont à compter » sur RFI, on ne peut que soupçonner la main de cette puissance étrangère dans les affaires après l’installation de Alassane Ouattara.

L’impuissance de l’Union Africaine (UA) dans cette situation nous interpelle: comment une organisation qui se respecte avec tous ses pouvoirs jouent les seconds rôles dans cette crise qui a durée des mois ? Sommes-nous toujours victimes de la Balkanisation ? Si le président sénégalais prend une décision, il est jugé pour son « sénégalité » et non la cohérence ou l’incohérence de son discours. J’en suis sûr à cause de ces considérations bon nombre de  présidents n’ose pas dire leur sentiment sur la situation en Coté d’Ivoire par peur des représailles de la part de  leurs ressortissants.

Tristement Afrique !

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