NGARYNIORO ( Ibrahima Sall )

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Mes meilleurs vœux à vous !!!

28 Décembre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de coeur

Bonjour,

 Je profite de cette année nouvelle 2011 pour vous souhaiter mes meilleurs vœux de santé, d’amour…

J’ai constaté, en me définissant toujours comme un blogueur- amateur, que certains continuent à lire avec beaucoup de plaisir mes articles, d’autres m’envoient des messages de félicitation, d’encouragement à ce modeste blog, enfin les critiques comme je les aime très sincèrement pour essayer de tendre vers la perfection. Sans ces critiques je publierais du n’importe quoi surement. Cela me réconforte et m’interpelle à plus de vigilance car la déception est le caractéristique de l’homme. C’est pourquoi je publie de moins en moins d’article pour éviter des erreurs irréparables. Malgré tout, je continuerai à garder toujours ma liberté de penser avec ses défauts comme ses qualités. Notre esprit libre n’a pas de prix.


Je voudrais profiter aussi de cette occasion une fois pour toute, la politique n’est pas la finalité de ce blog, même si dans mon droit le plus absolu j’approuve les idées social-démocraties. Cela n’affectera guère si je pense d’injuste à certains niveaux  son idéologie à le clamer haut et fort. J’ai voulu faire ce blog  mon point de vue aux questions qui nous interpellent quotidiennement ; le monde, l’Afrique, le Sénégal. On ne pouvait se taire à ses problèmes qui sont le développement, l’économie, le chômage, la démocratie…

Je terminerais en espérant que cette amitié sera fortifiée en 2011. Nous partageons les mêmes idées, les expressions différeront le sens restera unique.

Mention spéciale à deux personnes : il s’agit d’un camarade de classe Ousseynou Fall, from guem zeum, et mon amie, ma conseillère, le cœur d’or, Kadia Thiam de France. Je n’ai que d’amis chers. Petit par le nombre grand par leurs qualités.

SO HAPPY NEW YEAR 2011 OLD MY FRIENDS.

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Elections ivoiriennes: jurisprudence dangereuse pour l'Afrique

4 Décembre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

L’image que donne actuellement la Côte d’Ivoire au monde, sans tomber dans l’euphorie partisane des dirigeants ainsi que ceux des autres  de la sous région, ne l’honore pas, n’honore pas l’Afrique toute entière.

Quatre jour après les élections du 2e tour et des dizaines de milliers de recours, procès verbaux, la CEI ( Commission Electorale  Indépendante) proclame jeudi le Candidat Alassane Dramane  Ouattara, président élu avec plus de 54% sur son adversaire le Président candidat Laurent Bagbo. Le lendemain, c’est la grande confusion car le Conseil Constitutionnel se saisit du dossier pour inverser le résultat initial en donnant la victoire au président gagnant.

Dans l’histoire politique de l’Afrique Noire, c’est du jamais vu : deux présidents dans un pays.

Entre légalité et légitimité, nous sommes confrontés. Au delà du combat juridique, je pense la décision du Conseil Constitutionnel ne doit en aucune manière faire une jurisprudence. Il serait plus sage de forcer les deux candidats à retourner aux urnes. Encore la responsabilité incombe au président Laurent Bagbo, après dix années de pouvoir, un pays meurtri de guerre, toujours pas pacifique, sans réconciliation, un blocage économique, la sagesse voulait qu’il accepte le verdict du Conseil le mot n’est pas fort, le « martyr » d’une paix durable en Côte d’Ivoire, d’une réconciliation entre les frères et sœurs. Il n’est dans son rôle en tant que gardien de la constitution de poser des actes qui appelleront inévitablement à la violence. La Côte d’Ivoire a besoin maintenant d’une paix durable. Si le pays marche lentement (je pense dix ans ça suffit) c’est toute l’Afrique Occidentale qui entonnera le même rythme, alors nous sommes déjà suffisamment en retard. Il n’est pas de notre intérêt. Regardons parfois l’intérêt du peuple, ses profondes aspirations et non le poste. On peut être utile sans le poste président. L’histoire retiendra l’image positive, même si le débat sera toujours, ses propositions seront légales, où la Côte d’Ivoire à traverser. Abdou Diouf l’a fait sans regret en 2000 au Sénégal et aujourd’hui au plan international sa respectabilité est renforcée. N’ayons pas peur de laisser le pouvoir à temps. Entant que pan africain, nous faisons le même appel à notre président Me Abdoulaye Wade, Blaise Compaore  d’autres à faire de même.

Nous, cette jeune génération, nous appelons nos vieux dirigeants qui s’agrippent au pouvoir par des moyens légaux et/ou illégaux à regarder un peu la souffrance de la population. Nous sommes pris en otage par une bande de vieux nostalgique des années d’indépendance. Ils ne sont pas toujours conscients que le monde à bouger. La démocratie en Afrique est en marche, ça les dirigeants têtus ne l’ont pas compris. En Côte d’ivoire, en Guinée ou ailleurs, la population au lendemain des élections n’a qu’une seule envie aller au bureau, au marché. La vie doit continuer après les élections. Le peuple africain a dépassé cette démagogie, cette propagande fasciste des dirigeants. Le peuple s’est réveillé.

C’est pourquoi, il faudra en Afrique une génération nouvelle d’hommes politiques qui comprennent mieux le monde. De passage, nous félicitons la sagesse, le dépassement de Cellou Dalein candidat malheureux ou heureux qui a accepté dignement le verdict de la Cour Supprême félicitant son adversaire politique, Alpha Condé.

Nous disons vive la Guinée, vive l’Afrique démocratique en marche.

Nous serons très fiers que nos dirigeants réagissent bien sur cette situation insupportable en Côte d’ivoire.cote-d-ivoire-drapeau

 

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A Marie "BB" Rose

8 Octobre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de coeur

Bonjour,

Tout d’abord, j’espère tu es bien arrivée à l’internat. La fatigue du voyage notamment la chaleur n’a pas pu secoué la tranquillité de ton être.

Tu m’as paru si fragile au point j’avais envie de faire le voyage ensemble jusqu’à ta destination. Et au moment de s’assurer tout va bien, je pourrais en toute tranquillité prendre le chemin du retour.

Le jour où on s’est croisé, je t’ai paru si étrange peut être, cela s’explique à mes yeux d’un être tant recherché.

Dans mes moments de solitude, ton image me revenait sans cesse. L’espoir était si fort que je n’ai jamais cru ton existence réduite dans mes rêves, un peu exagérée de ma part.

Pourtant  hier, j’étais ému de t’attendre encore revenir après des mois de séparation pour me souffler avec ta voix d’or ses doux mots : « j’ai gardé toujours en moi le papier » où j’avais écris tout naturellement cette citation sous forme de conseils formulés à l’enfant que tu étais, et qui s’apprêtais à quitter momentanément sa famille, ses amis pour aller à l’intérieur du pays avec la chaleur, la solitude, l’apprentissage régit par des obligations inhabituelles mais nécessaires.

En voyant ce visage triste mais pas désespéré, fier de faire ce pèlerinage, j’ai senti en toi une forte ambition, quelqu’un qui ne manque pas de regrets pour aller dans cette grande école de la vie. Et que cette citation, pour moi, en ce moment précis, était destinée uniquement à toi. Je t’ai donné le bout de papier avec une écriture appuyée tellement j’ai su pesé mot à mot la citation de cet auteur inconnu.

« Dans un monde de compétition, il est urgent de courir vite et bien dans la meilleure des directions. »

Tu as appliqué BB Rose à la lettre cette citation, pseudo affectueux  de tes ami(e) s, comme tu me l’as dit,.

A mon retour, avant ton départ au village, mon petit frère m’en a informé. Aussitôt avec la fatigue, la faim, le soleil, je me suis mis en route sans se soucier de TOUT CELA. Je ne me pardonnerais jamais sans te voir. En avançant vers  le bus (ce jour, j’étais chanceux, il y’avait un petit retard dû à une panne) avec mes yeux largement ouverts pour espérer te voir. Tu étais au fond endormi peut être avec l’impatience pour le départ.

Tu n’as pas hésité une seule fois en me reconnaissant à descendre précipitamment dans le bus.

Là la discussion était intense. Il y’a eu des choses inexplicables. Je ne savais jusqu’à hier des individus pouvaient partager autant de valeurs dans un si peu de temps avec toutes nos différences.

Aller, je te souhaite une bonne rentrée scolaire,

Tout le temps nécessaire pour te revoir

Amicalement.

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Le juge Kéba Mbaye, un modèle

7 Octobre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Réflexion

Cette lettre fut envoyé par Feu Kéba Mbaye à son fils Abdoul MBAYE, frère de Cheikh Tidiane MBAYE, actuel Directeur Général de la Sonatel. Abdoul MBAYE venait, à 29 ans, d’être nommé Président-directeur général de la Banque de l’Habitat du Sénégal. Lourdes responsabilités pour un si jeune âge. comme lui même le reconnait "Je suis sûr de devoir ma réussite, si elle a existé, aux mots qu’elle contient".

A lire absolument si t'es jeune...

keba mbayeMon fils,
«Paris le 28 août 1982
Mes félicitations ! Que Dieu t’aide à porter ta lourde charge. Qu’il te protège contre le mal et t’inspire à chaque instant afin que toujours tu suives la voie du bien.
J’ai confiance.
Néanmoins je ne peux m’empêcher de te donner quelques conseils en de telles circonstances. D’ailleurs tu en entendras bien d’autres. Il faut en prendre et en laisser. Au Saloum on dit que quant un saloum-saloum te dit : «Faa lay waxal !» Méfie toi «waxal lu la. Bopam lay waxal.» Il faut donc écouter tout le monde, et prendre ta décision seul.  
Je n’attendrai pas aujourd’hui pour te faire une leçon de morale. Tu n’en as jamais eu besoin. Je suis donc sûr que tu ne vas pas changer. Mais je vais te livrer quelques remarques. Il ne s’agit guère des fruits d’une réflexion, mais du résultat d’une longue expérience de responsabilités.
Je te le sers sans ordre :N’aie confiance en personne à commencer par moi. Ne fais jamais rien d’important sans en discuter avec ton épouse. Il ne s’agit évidemment pas de faire ce qu’elle te dit, mais de prendre son avis. Prends aussi d’autres avis en ayant toujours en tête que ce que tu dis à un étranger sera répété, et parfois déformé. Reste simple. Mais ne sois pas vulgaire. Un banquier est comme un magistrat : il ne doit pas être accessible à tout venant. Sois égal pour tous : tes administrés et tes clients. Soit juste avec eux. Garde-toi des sentiments. Ils ne servent à rien dans ton métier. Respecte riches et pauvres, puissants et misérables.
Ne te mets pas en mal avec ceux qui t’ont fait confiance et en tête de qui se trouvent le Président et le Premier ministre. Fais savoir à ceux qui t’ont combattu que tu connais leur position et comprends leur inquiétude. Rassure-les et essais de les convaincre qu’ils ont eu tort. Ne te coupe ni de tes amis d’hier, ni de mes relations à moi. Mais que personne, je dis bien personne, ne réussisse à te faire dévier de la route que tu t’es tracée et qui doit être pavée des règlements et des lois qui régissent la Bhs. S’ils veulent te voir reçois-les, mais n’accepte pas qu’on te fasse perdre ton temps. Il faut néanmoins rester correct, simple et courtois. Refuser quelque chose à quelqu’un n’est ni bon ni mauvais, tout est dans la manière. On peut donner et faire de son donateur son pire ennemi. On peut refuser un service et garder un ami.  
Garde-toi des nouveaux amis. Ils seront les premiers à rigoler si un jour tu te casses la figure. Sois méfiant, et même dans ton service mets en place un système d’information et de consultation. Le premier est occulte et le second officiel. Mais ne donne jamais l’impression que tu n’es pas le chef, donc celui qui décide. Aie confiance en toi-même. Tu es désormais l’égal de qui que ce soit. La modestie n’est pas l’humilité. Celle-ci ne doit se manifester qu’envers Dieu. Continue à pratiquer ta religion avec la même constance, la même foi profonde ; Crois en Dieu ; et donc pas à un homme. Ils sont comme toi : à commencer par moi ! Dis-toi que nul ne doit t’en imposer. Mais que cela ne t’empêche pas de reconnaître le mérite des autres. Aie toujours à l’esprit qu’un chef cesse d’être un chef le jour où il devient faible. Ne te laisse jamais démonter. Prends tes sanctions avec fermeté et donne tes récompenses avec objectivité.

Dis-toi toujours que ce que tu n’as pas fait toi-même ou que tu n’as pas contrôlé, n’est pas fait ou est mal fait. Sois le premier à la banque et sors toujours le dernier. Garde tes opinions politiques pour toi. Un moment viendra où tu pourras dire ce qui te plait et où tu voudras. Ecoute beaucoup et parle peu, jamais une décision à la hâte, jamais une opinion après avoir écouté une seule partie. Il faut savoir ce qui se passe autour de toi, et faire semblant parfois de l’ignorer tout en en tenant compte dans tes actions. Ne mange pas n’importe où et ne bois pas un liquide dont tu ne connais pas l’origine. La circonspection et la méfiance avant tout. Fais-toi voir le moins possible. Ne commence aucune pratique que tu ne puisses poursuivre si elle est bonne.
Il me reste encore beaucoup de choses à te dire, j’en choisis une seule et la dernière : reste toi-même et que Dieu t’aide.
Papa.» 
Merci, M. le Juge. 

Source: http://www.caseeworld.com/

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Sans audace, sans victoire ?

29 Septembre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Réflexion

Mes amis,

Vous conviendrez avec moi : la précipitation brise nos rêves durables. Une longue période sans une foie intacte nous pousse à sombrer dans un désespoir sans issue. Alors qu’on a tendance à toujours oublier, l’espoir est le meilleur allié.

Vouloir réaliser tous les projets en même temps, dans la vitesse, va générer inévitablement une courte période de bonheur.

Cherchons toujours et nous trouverons dans l’exemple des gens qui ont réussi. Ils ont su dans la douleur, dans la patience, le rejet de la violence, du renoncement, du refus de coopérer sans être libre, du patriotisme, de la croyance pour obtenir gain de cause. Et aujourd’hui, tout le monde leur admire. Mandela en est l’exemple vivant.

Inutile de le répéter chaque chose à son temps. Encore moins il ne faut jamais cesser de se remettre en questions, de travailler pour améliorer ses qualités (chaque personne est unique de ses dons venus là haut) et rectifier ses défauts (n’oublions jamais notre caractère mortel). La vie n’est pas une scène de théâtre, de même une guerre sans fin. Tout simplement la vie demande du mouvement, du changement…

Je passais mon temps à me plaindre et je continue à le faire même si en tout ce n’est pas mauvais. Car je pense accepter sans réserve une situation de bassesse, de faiblesse, de diminution, d’incompétence, d’indécision, de démission, du renoncement, de l’habitude, de lassitude, d’oisiveté etc… équivaut à la lâcheté d’un homme, sans dignité, sans courage, sans progrès à la limite un homme animal.

Vouloir toujours être parfait serait de l’utopie, une mission impossible. Ça reste quand même un idéal à encourager. Il faudrait souhaiter. L’échec ne doit pas nous sombrer dans le vide, dans le noir. Au contraire, on doit de se féliciter pour aller toujours vers la perfection. L’essentiel est de ne jamais cesser de marcher. L’idéal est d’être toujours dans le « timpo » pour tendre vers la destination. Il faut chercher à atteindre les limites naturelles pour être un surnaturel, un immortel.

Audacieusement, mes amis, provoquons, moquons, chantons, crions du bonheur à l’image de l’esclave libéré, des gens  qui veulent nous réduire dans un faux jugement avec « l’arme de l’amour », expression fétiche de Martin Luter King.

De l’audace encore de l’audace pour interpeller Obama. Voilà un type audacieux. Il a montré la voie.

 

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Les sénégalais sont intelligents ! Quelle farce !

20 Septembre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Réflexion

En démocratie, l’exercice le plus facile est le critique et le plus difficile est évidemment de proposer des solutions efficaces.La politique est tellement démagogie que les acteurs ne reconnaissent jamais les bonnes idées de leur adversaire. Et même étant  le cas, il y aura toujours de récupération ou d’exagération  de la part de l’émetteur et du récepteur. La raison  est simple, ils ont compris que le peuple est à l’image du troupeau, sans esprit, oubliant vite, compact, il suivra sans se lasser, le guide le plus  habile qui promet des terres plus fertiles.

Mamadou Dia n’avait pas tort, lorsqu’il affirmait : « la politique est un truc très sale ». Lui-même en est la parfaite illustration. Au Sénégal, on milite à un parti non à une cause. On le fait malheureusement parce que dans une croyance collective c’est le chemin le plus facile pour gagner sa vie . On ne peut pas faire la politique en gardant sa dignité, son honneur, sa liberté dans un parti. Il n’existe pas si vous en connaissez dites le moi. Elle manque d’éthique, de justice, de dignité, et j’en passe.

Partout ailleurs, on milite par principe. On est libéral parce qu’on croit à la justesse de ses idées, de même socialiste, communiste, extrême droite ou gauche…

Partout ailleurs, les partis sont la propriété des militants. Il n’existe pas un chef naturel à vie. Seuls priment la compétence, la capacité à diriger, le leadership, l’intégrité…Au Sénégal et un peu partout en Afrique c’est le contraire.

Partout ailleurs, les électeurs choisissent leur candidat suite à des programmes et non des considérations que je me ferais mieux de taire.

Un candidat idéal se mesure par sa capacité à affronter les défis spécifiques suivant l’évolution du pays. La manière de faire une campagne au Sénégal sera plus ou moins comparable au Mali,  et différend en Europe ou aux USA.

Servir et non se servir un crédo qu’on n’applique guère.

La plus grande tristesse dans cette affaire, les militants de base se tuent et s’entretuent pour quelques sésames. On cherche à être plus proche des postes de responsabilité par tous les moyens mystiques mêmes , pour espérer enfin réussir dans la vie en touchant la « manne financière impropre ». Avec l’argent, les hommes politiques nous donnent toujours le mauvais exemple. Finalement cette croyance devient un dogme. Un ancien premier ministre se permet d’insulter les sénégalais en affirmant publiquement, sans impunité, son problème avec le président actuel résulte d’argent  « sale », une affaire de « bandits à grand chemin ». Ces deux hommes, au niveau fonction,  les plus importants dans ce pays se permettent de prendre le pays en otage en jouant leur grande comédie digne d’un film hollywoodien. A l’heure des élections c’est le grand deal pour calmer les esprits assoiffés de commentaires, mêmes les journalistes soient disant intelligents faisaient parti du troupeau. Ils ont trompé tout le monde. On utilise comme stratégie la voie respectueuse du religieux. Et ça marche bel et bien. Le soir des élections présidentiels ces deux sortent vainqueurs. Les sénégalais ont voté aveuglément pour eux.

Et après, tout le monde se désole que le pays va mal. Paradoxalement personne n’ose dire j’ai participé à la fabrication de cette monstre. Moi j’ai l’impression Aimé Césaire dans son Cahier d’un retour au pays natal parlait au peuple sénégalais : « cette foule qui ne sait pas faire foule, cette foule, on s’en rend compte, parfaitement seuls sous ce soleil, à la façon dont une femme, toute on eût cru à sa cadence lyrique, interpelle brusquement une pluie hypothétique et lui intime l’ordre de ne pas tomber ; ou à un singe rapide de croix sans mobile visible ; ou une l’animalité subitement grave d’une paysanne, urinant debout, les jambes écartées, roides. »

Durant toutes ces années, je ne cesse d’attendre : « les sénégalais sont intelligents. »

Alors BOUGNOU KENE NA RAYE

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Enjeux 2012: wade et l'opposition

4 Septembre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Réflexion

Depuis que Wade a annoncé sa candidature en 2012 pour un 3e mandat, nous constatons un grand bruit inutile dans la classe politique : les constitutionnalistes d’abord puis les politiciens. Sa candidature annoncée tôt fait peur à l’opposition qui semble être un prétexte en fait pour se faire entendre.

Je ne suis pas un habitué à parler de la politique dans mon blog si et seulement si c’est l’intérêt de notre pays, mais pas les hommes. J’estime en tant que simple citoyen aspirant le développement de l’Afrique en général, du Sénégal en particulier, à l’image des pays émergents (Inde, Chine, Brésil…), le devoir de  donner mon opinion personnelle. Il n’est rien d’autre qu’une voix parmi tant d’autres  dans un débat qui ne vise qu’à sortir de cette triste situation de notre pays. L’essentiel de ce débat tourne au tour de la démocratie.

En 2000, le Sénégal a montré l’exemple que Oui ! la démocratie est possible. On a organisé des élections libres et transparentes. La majorité de la population a opté pour l’alternance après 40 ans de règne sans partage des socialistes. Abdou Diouf symboliquement a accepté sa défaite après la victoire incontestable et historique de son adversaire politique Me Abdoulaye Wade. Malgré quelques parenthèses douloureuses, le Sénégal a été toujours cité comme exemple de démocratie en Afrique et il l’a confirmé grâce à la sagesse de Diouf, peut être heureux d’en finir  après une certaine amertume contre ses lieutenants, l’histoire nous le dira certainement.


En 2001, Wade malin et animal politique qui connait bien les sénégalais et ceux qui les animent pour les avoir côtoyer pendant ¼ de siècle dans les coins et recoins du Sénégal, l’euphorie de l’alternance, a donné un cadeau empoisonné, à ce pays, la constitution par référendum. Les gens ne pouvaient en ce moment précis de l’histoire  que se prononçaient sur le Oui. Le PS seul grand parti  mort, l’opposition est inexistante.

A son initial, la constitution rédigée par des spécialistes, dans l’ensemble, était bien accueillie, sans une critique majeure. En effet, elle était un enseignement des erreurs du passé. Même si tout le monde ne l’approuvait aussi surtout de la part des intellectuels sur certains points comme la laïcité.  Il y’avait du positif : droit à la marche, liberté de presse, limitation du mandat présidentiel à 2 d’une durée de 5 ans etc.

En 2010, Wade et son régime ont modifié plusieurs fois la constitution en regardant que leurs intérêts pour s’accrocher au pouvoir. Comme à son habitude Wade surprend tout le monde en annonçant  sa candidature en 2012  pour un 3e mandat. L’opposition comme un seul homme cri au scandale pour saisir la cour constitutionnelle. Selon elle, Wade est exclu de ses élections. Ce qui est vrai. Elle pense que la constitution l’interdise. Son camp saute sur l’occasion comme des bêtes sauvages en argumentant un débat mal saint, une peur bleue de la part de l’opposition.

Je vais étonner en tant que militant social-démocrate  donc naturellement de l’opposition pour donner raison aux libéraux. A son âge, les dérives de sa gouvernance pendant ses 10 longues et douloureuses années  pour le peuple sénégalais, Wade continue encore à faire trembler ses adversaires.  Le fond du problème en est que nous avons  une opposition qui ne sait pas opposée. Depuis 10 ans jamais on leur a senti être la voix du peuple face aux dérives de l’alternance. Cette étiquette  qu’on leur colle semble être une réalité. La politique ne se fait pas dans les salons. Moi je vois une bande de vieux en grande parti traditionnellement du PS qui n’ont jamais connus la dureté et l’habileté de l’opposition. Ma plus grande désolation est l’obstacle que représente Ousmane Tanor Dieng dans ce grand parti de Senghor, Lamine Gueye, Abdou Diouf. Tel un dictateur entouré de ses petits chiens pour empêcher toute restructuration, tout renouvellement, toute révolution au sein du PS comme à l’image du parti socialiste français avec ses vieux qui semblent s’éterniser. Vu son passé, Tanor sera difficilement président c’est une certitude. Il serait sage de sa part de donner la chance aux jeunes compétents (khalifa Sall par exemple) ou aux femmes (Aminat Mbingue Ndiaye, Aminata Tall Sall), qu’il organise des primaires  comme cela se fait aux Etats unis ou en France. MacCain, Terry, Ségolene, des gens qui ont qui ont perdu une campagne présidentielle doivent donner la chance aux autres.  C’est ça la logique. Ne me dit pas le Sénégal n’est pas la France ou les USA. Le Sénégal c’est une grande démocratie y a pas de doute à ça. Il suffit juste de corriger cela au fuir et à mesure de l’histoire cette jeune démocratie.

Pour revenir à l’opposition, elle ne pourra jamais battre Wade sans le PS encore que Tanor ne sera son candidat. Si Wade se présente même si c’est illégitime au regard de la constitution, elle doit plutôt saisir cette chance car le peuple  lui a tourné le dos. Mais pour cela y a une condition, elle a besoin d’un homme ou d’une femme charismatique. En rang dispersé, malgré l’impopularité de Wade, elle ne gagnera jamais. Mieux vaut réfléchir maintenant sur un candidat unique en son sein, adopter une stratégie pour la conquête du pouvoir et la construction du pays dans un programme cohérent, efficace et efficient. Les sénégalais sont fatigués par la manière dont les politiques se détournent de leurs intérêts. Il s’agit avant tout du peuple qu’on milite, qu’on s’engage pour construire cette nation, lui permettre de prospérer. Moralisez un peu la politique.

En annonçant tôt sa candidature, Wade veut jouer avec l’opposition pour le détourner de ses objectifs. Macky Sall qui n’est pas totalement de notre côté, on le conseille de méditer l’exemple de Idrissa Seck en 2007. S’il rejoint sa famille, il perdra toute sa crédibilité. Il perdra s’il rejoint le PDS et gagnera en étant le 3e homme qui peut faire la différence  au 2e tour par exemple.

Wade doit essayer de sauver son fils plutôt que de nous imposer  comme cela se faisait au temps des royaumes. C’est fini. This game is over.  S’il veut être président, Karim a les pleins droits de se présenter devant les sénégalais, mais on acceptera jamais par procuration. A cette occasion aussi, il devrait se répondre devant tous les scandales dont il est mêlé depuis qu’il travaille à côté de son père président.

Je terminerais en disant Sarkosy en France, Merkel en Allemagne, Obama aux USA, la politique n’appartient plus aux vieux, les femmes, les jeunes pour apporter du renouveau, on cherche une nouvelle alternative. Trois grands partis au Sénégal suffisent largement, pour la gagner la confiance de leurs militants et largement  des sénégalais.

Que Dieu bénisse le Sénégal, l’Afrique, le Monde.

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Bob Marley

3 Septembre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de coeur

 

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Et si on se disait toute la vérité...

2 Septembre 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de coeur

Expression de l’amitié avec tous les superlatifs, sourire d’or, accueil chaleureux  fraternel, coup de  téléphone nostalgique, aide humanitaire et spontanée, regard d’amour…tout cela se cache derrière une intention malveillante de l’homme. Les actes sont la plupart diamétralement opposés aux images, aux paroles.

Socrate affirmait que l’homme est volontairement méchant. Selon ma certitude, ce jugement qui semble s’éterniser peut être renversé sous certaines conditions. Ceux qui nous poussent à faire des actes contraires  sont la manifestation de la peur. Et si on prônait de dévoiler la vérité telle qu’elle est ? J’en suis sur ça va étonner certains, mais ce n’est pas impossible. Certes, l’homme n’est pas habitué, le secret a été toujours son arme fatale pour sa survie, cependant si on essaie de l’appliquer tout le monde y gagnera. Tout le monde affirme que l’humanité va droit au mur, l’explosion est inévitable, encore une fois on peut réagir maintenant avant qu’il ne soit trop tard.

Il ne faut jamais avoir peur de s’arrêter en se disant toute la vérité. Elle n’est pas souhaitable d’entendre toujours une vérité amère par contre ça vaut mieux un mensonge sucré.

Cultivons l’amour, l’honnêteté, la fraternité, la solidarité.

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Voyage chez les Haal Pulaar au Fouta Toro - Sénégal

1 Août 2010 , Rédigé par ngarynioro Publié dans #Coup de gueule

" Se taire et écouter la voix de l'Afrique " " Choisis la bonne piste ! Si tu choisis la brousse, ne te plains pas des épines "... Ce proverbe Peul, teinté de réalisme, prend tout son sens dans le contexte de la région dont je vais vous parler maintenant.

Après quelques voyages sur le Continent Noir, la découverte des villes et des villages, j’ai rencontré le sourire des enfants, la beauté des femmes et la noblesse des hommes, la vie m'a emmené sur une piste (serait-ce la bonne ?) que je ne me lasse pas de parcourir malgré les épines qui la parsème. Mes pieds ont foulé le sol d'une Terre emprunt de mystères et de secrets, une Terre où dit-on, les sorcières, les génies, les maîtres des eaux et de la brousse, après avoir tant parcouru le monde à la recherche d'un lieu paisible, se sont finalement arrêtés. Et c'est parmi les Haal Pulaar "ceux qui parlent Pulaar" qu'ils décidèrent de faire Vivre leur magie. Cette Terre, c'est le Foûta Tôro, appelée aussi Fouta Sénégalais.

S'étendant de Dagana au Nord jusqu'à Bakel à l'Est, en passant par Podor et Matam, c'est toute l'Histoire et la Culture d'un Peuple fascinant qui nous fait face. Les yeux rivés vers l'horizon en direction du fleuve, et c'est la Mauritanie. Un peu plus bas, ce sera le Mali. Le Foûta est un carrefour, un "carrefour des cultures" pour reprendre l'expression d'Oumar Bâ (c.f. Le Foûta Torô, au carrefour des cultures, éditions l'Harmattan) où cohabite une multitude de Peuples et de croyances. Mais attention, que l'on vienne empiéter sur son territoire, dénigrer sa culture et ses croyances, et ce Fouta noble et fière se lèvera tel un seul homme pour défendre ses valeurs.

Descendant de la haute noblesse Egyptienne, ces pasteurs Peuls, les Fulbés comme ils s'appellent eux-mêmes, ont migré à travers toute l'Afrique Subsaharienne au gré des vents et des pâturages, toujours fidèle à leurs troupeaux de vaches. Et c'est au Fouta Toro que leurs vaches trouvèrent les meilleurs pâturages. Bien plus tard, ils repartiront vers l'Est et cette fois ils n'oublieront pas de disséminer leur culture et leur langue à travers une 20aine de pays sur toute la bande Sahélienne. Ainsi, il n'y a pas que le Fouta Toro qui porte cet étrange nom de "Fouta", on trouve ses frères: le Fouta Jallon en Guinée et le Fouta Macina au Mali. Une origine mystérieuse donc, qui selon les traditions orales des Peuls nous renvoie au fabuleux pays de Heli et Yoyo où il y a très, très longtemps, avant leur dispersion à travers l'Afrique, les Peuls auraient vécu heureux, comblés de toutes les richesses et protégés de tout mal, même de la mort. Par la suite, leur mauvaise conduite et leur ingratitude auraient provoqué le courroux divin. Guéno (le Dieu suprême, l'Eternel) décida de les châtier et suscita à cet effet une terrible et maléfique créature, Njeddo Dewal la grande sorcière, dont les sortilèges feront tomber sur les malheureux habitants de Heli et Yoyo des calamités si épouvantables que, pour y échapper, ils devront fuir à travers le monde.

Le Sénégal est l'un des premiers pays en Afrique à s'être ouvert au tourisme, les plages de la Petite Côte, la Casamance, le Siné-Saloum ou plus au Nord la tranquillité de la ville de Saint-Louis, sont connus de la plupart des toubabs (blancs). Mais celui qui s'aventure sur la route de la Vallée du Fleuve Sénégal après Saint-Louis risque de découvrir un Sénégal dont il n'a jamais entendu parler. Même les Sénégalais vous diront, l'air surpris et à la fois admiratif, " mais que vas-tu faire là-bas ? ".

Le Fouta, c'est le règne de l'authenticité, de la simplicité et de la spiritualité. De petits villages qui bordent le goudron ou des hameaux que vous apercevez au loin en vous demandant qui peut encore vivre là-bas. De magnifiques "Tibas" (habitations traditionnelles Peuls en banco et toit de paille) flirtant discrètement avec les maisons en ciment. Les bergers conduisant leurs immenses troupeaux de vaches et de moutons avec plus de facilité que vous ne conduisez votre voiture. Les enfants qui vous regardent l'air surpris, se demandant eux aussi qui peut venir leur rendre visite jusqu'ici. C'est le quotidien d'un voyage sur la route du fleuve dans cette région aride et désertique durant la saison sèche mais dont la verdure renaît durant la saison des pluies, comme pour vous signifier que la vie n'est qu'un éternel recommencement. Souvenez-vous, " ne te plains pas des épines ". Ici, ce n'est pas les maladies qui vous arrêteront, ni le manque d'eau ou de nourriture, non ! Les épines du Fouta ce sont ces routes à peine goudronnées si bien qu'il est préférable de rouler sur le bas-côté, ce sont aussi ces vaches, ces ânes et ces moutons qui traversent et s'immobilisent au milieu de la route vous obligeant à utiliser votre klaxon, que dire encore de la monotonie de son paysage qui vous donnera l'envie de faire un petit somme en attendant d'arriver à destination. Mais, c'est aussi et surtout son soleil écrasant. Un soleil si Puissant que vous ne remercierez jamais assez les quelques vendeurs de glaces venant du Mali pour amener la fraîcheur dans les petits villages du Fouta. Tout le monde est le bienvenu au Fouta, sauf celui qui ne supporte pas la chaleur... et ce soleil saura vous rendre le voyage difficile histoire de tester vos facultés d'adaptation. Lorsque vous rencontrerez tous ces éléments au Sénégal, c'est signe que vous êtes allés plus loin que le simple touriste et que vous êtes arrivés au Fouta.

Ne vous attendez pas à voir une Afrique que les clichés ont dénaturé. Ici, c'est bel et bien la brousse, mais ce sont les Baobabs qui en sont les propriétaires et qui vous transmettront leur savoir ancestral à l'occasion. Enracinés dans une terre qu'ils connaissent depuis des millénaires, ces arbres courageux sont les rois de la brousse. Qu'il pleuve ou qu'il vente, que le soleil les étouffe ou qu'une tempête s'abatte sur eux, ils ne cillent point et affrontent la vie avec sérénité, de grandes leçons pour les hommes que nous sommes. Le véritable maître de la brousse (JomLadde en Pulaar), le lion, est parti vers d'autres contrées laissant place à quelques rares hyènes et chacals, même si les anciens du Fouta se souviennent dans leur jeunesse en avoir vu quelques spécimens...

Ne vous attendez pas non plus à voir l'Afrique télévisée. Ici, pas de tam-tams, ni de masques, ni de danses euphoriques à la limite de la transe. C'est la Vie dans sa plus pure simplicité qui a pris possession de la région. Ne vous attendez pas.... d'ailleurs, ne vous attendez à rien de particulier, vous pourrez passer dans cette région et ne rien voir du tout car en vérité, et il faut le dire, il n'y a rien à voir ni à faire. A l'image de ce que Martin Luther King disait " Tout ce que nous voyons n'est qu'une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas ". Ce Fouta recèle des mystères insondables aux Hommes, aussi bien que les voies de Dieu sont impénétrables. C'est au Fouta que des questions ne trouvent pas de réponses, et que des réponses n'ont pas de questions. Les Foutankés (habitants du Fouta) vous le disent, des forces invisibles existent et agissent, des forces que même l'oeil ne peut nommer mais que l'Homme peut découvrir et s'approprier s'il est attentif. Le vent, les tempêtes de sable, la pluie, le soleil, un arbre, un animal, un enfant. Tout est signes et langages et communiquent à chaque instant. " Se taire et écouter la voix de l'Afrique " me répétait un Griot Haal Pulaar, " Ramène ça chez toi, l'occident en a besoin" ... "Se taire et écouter la voix de l'Afrique".

Le Fouta, terre des marabouts, est un haut lieu spirituel et ses habitants de fervents religieux. En longeant la route du fleuve, vous serez surpris par le nombre incalculable de mosquées, parfois deux par villages, les anciennes en banco côtoyant les plus modernes aux couleurs de l'Arabie Saoudite. Ceux qui connaissent le Mali sont peut-être déjà allés à Djenné visiter sa grande mosquée en banco, la plus ancienne d'Afrique de l'Ouest. Mais qui sait que c'est au Fouta, dans le petit village de Séno Palel, que se trouve la deuxième plus ancienne mosquée, fièrement gardée par la noble famille DAFF ? En effet, c'est au Fouta Toro que l'Islam Noir est né. Les Peuls et les Toucouleurs sont les premiers à se convertir à l'Islam à partir du XIème siècle et à propager la Foi Musulmane dans toute l'Afrique de l'Ouest. C'est un Islam pur et saint. Ici, on ne connait pas les Mourides ni les Baye Fall, et on ne boit pas le célèbre café Touba cher aux Mourides. Non, ici, c'est la confrérie Tidjane qui a déposé ses marques, représentée par le grand chef religieux et conquérant El Hadj Omar Tall. Ndioum, Podor, Matam, Kanel, Bakel. Tant de villes qui ne laissent pas leurs visiteurs indifférents.

Vestiges de grands royaumes Peuls, témoins de l'arrivée des troupes coloniales et fomenteuses de révoltes contre les envahisseurs étrangers, ces villes résistent inlassablement aux aléas du temps. Serait-ce cette histoire d'Amour avec ce fleuve qui les a vu naître qui les fait rester immobile et indifférente face à la conquête de la modernité ? Possible. Tiraillée entre deux rives, deux pays, c'est finalement vers le Sénégal, dont il a pris le nom, que son Coeur a chaviré. Les thioubalos (les pêcheurs) l'affirment, le maître des eaux (JomMayo) est ici chez lui, et personne n'a jamais réussi à le dompter. Il donne la boisson et la nourriture et à la nuit tombée, lors des veillées, on le remercie en chantant le Pekan à sa gloire.

Mais c'est au fin fond du Fouta, pratiquement à sa frontière la plus au Sud, à une 20aine de kilomètres de Bakel, qu'un petit village a conquis mon Coeur. Un village comme il en existe des milliers, voire même des dizaines de milliers sur le continent Noir.

Une école, un puits, une mosquée, des poules, des vaches et des moutons, des enfants toujours aussi souriants, des femmes sublimes dans leur grand boubou, les hommes occupés à jouer aux cartes à l'ombre du baobab... bref, un village somme toute assez banal. Mais " Ne juge pas un arbre à son écorce " dit l'adage. Un village vieux de 400 ans disent les documents de la région, 6000 ans leur répondent les villageois ! Quoi qu'il en soit, de nombreuses pages d'Histoire sont à écrire sur le village de Gaoudé Boffé. Oui, Gaoudé Boffé, c'est bien son nom ! Le Gawdi est un arbre épineux de la famille des acacias que l'on trouve dans les zones désertiques et qui produit des petits fruits utilisés dans les teintures. Boffé, on traduirait cela par "quelqu'un qui ne peut pas marcher" mais quel est le lien ?

Mystère, ce village, c'est 650 habitants, tous éleveurs et cultivateurs. Les Daff, les Bocoum, les Niane, les Ndiandé, les Kam, les Njine sont leur Yettode (Nom de famille, patronyme), celui des Diawando, la classe des Nobles. Mais en réalité, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, c'est la même famille. Qu'un évènement se passe dans le village, et tout le monde est au courant dans les minutes qui suivent, et les nouvelles s'étendent rapidement dans les villages alentours. D'ailleurs, il y a une place dans le village, le domaine réservé des hommes, que l'on appelle la BBC, et pour cause ! Le village n'a pas de facteurs pour recevoir les nouvelles, juste quelques télévisions et radios fonctionnant à "temps partiel", pour être au courant des dernières nouvelles c'est donc à la BBC qu'il faut se rendre. On apprendra qu'un tel est sorti discrètement la nuit dernière pour rejoindre une telle, qu'une demande en mariage s'est soldée par un refus des parents ou que telle personne n'a pas fait ses prières le jour du vendredi.

C'est la vie d'un petit village Africain qui défile devant nous. Au petit matin, réveillé par le soleil toujours aussi éclatant, le chant du coq et les bruits lointains des femmes déjà affairées à puiser l'eau du puits, c'est le signe d'une nouvelle journée qui démarre. D'ailleurs ce puits, parlons-en. Un peu à l'écart du village, c'est pourtant la place centrale et le domaine privilégié des femmes et même des petites filles. Un mélange de couleurs et d'odeurs nous envahit lorsque l'on s'approche. Les "gardiennes du puits" se retrouvent ici, vêtues de leurs plus beaux accoutrements, chacune rivalisant avec l'autre pour se distinguer. Ce sont de véritables joutes de paroles auxquelles les femmes s'adonnent de bon coeur. On échange des recettes de cuisine, on parle des hommes, on donne les dernières nouvelles du village, et on refait le monde au féminin. Mais un intrus se glisse discrètement dans ce monde féminin, le puiseur d'eau qui se charge de porter et vendre les bidons d'eau dans les familles, non seulement c'est un homme et en plus il est Malien ! c'est sûrement pour ça qu'on l'accepte, avec lui pas de soucis, les ragots peuvent rester au fond du puits. On peut aussi entendre fredonner des chants si vieux que personne n'en connait l'origine: Connais- tu mon Beau Village Qui se mire au clair ruisseau Encadré dans le feuillage On dirait un nid d’Oiseau Ma Maison parmi l’ombrage Me Sourit comme un Berceau Mais nous sommes Alarba (Jeudi) et c'est un jour spécial pour tout le village.

Un jour que tout le monde attend avec impatience et que personne ne louperait, le jour du marché. Jamais ce lieu n'a mérité aussi son nom qu'ici, "marché". 5 Kms pour certains, 10 pour d'autres, bien souvent plus, c'est à pied ou en charrette que l'on s'y rend avec l'impatience d'humer de nouvelles odeurs. Bissap, gingembre, menthe, poissons séchés, mangues, le tout mélangés avec quelques cubes maggi, c'est le nez et le panier bien rempli que l'on rentre chez soi. Le marché de Boundy, c'est là que l'on rencontre toute l'Afrique de l'ouest et son panel de langues. Un véritable défilé ! La Mauritanie, la Guinée et le Mali défilent en tête côtoyant jalousement le pays d'accueil, le Sénégal. On parle Pulaar, Bambara, Maure, Soninké, teinté d'un peu d'Arabe. Alors on tente, on essaye "No'mbada?", "Igakéné?", et on attend les réactions pour savoir en quelle langue s'adresser. Mais le soleil frappe fort maintenant et la chaleur nous demande de rentrer, parti à 9h il est déjà 15h et on nous attend pour le repas, peut-être même pour le thé... Il n'y a pas grand chose à faire en cette période, les travaux des champs ne sont pas encore commencés. Et que quelqu'un s'aventure à partir couper du bois en brousse et le soleil le rappellera bien vite à l'ordre. Discuter et boire le thé fait partie du quotidien en cette saison sèche. Malgré tout, les journées sont toujours ponctuées de quelques animations comme pour briser la routine. Un concert à quelques kilomètres là où l'électricité ne fait pas défaut, un tournoi de luttes traditionnelles, les fêtes religieuses, les baptêmes, les mariages, la circoncision, l'accueil des étrangers, l'inauguration d'un bâtiment, et c'est l'occasion pour tous les villageois de se retrouver en laissant de côté leurs éternelles querelles de familles.

Le village de Gaoudé Boffé a un frère jumeau 1 km plus loin, c'est Gaoudé Wambabé, si proche et pourtant si différent. Les Wambabé (bambado au singulier) sont la classe des Griots. A l'origine, une vache. Les Peuls surveillaient la vache avec leur fameux bâton de berger, et les forgerons sculptèrent une calebasse pour en récolter le lait. Le Bambado eu l'idée de récupérer la calebasse et la peau de la vache puis l'a ajouté au bâton de berger et c'est une guitare qu'ils ont fabriquée. Cette guitare, c'est leur fierté et leur honneur, et rien ne pourrait les en séparer. A peine mettez-vous le pied chez une famille Bambado, et c'est la guitare qu'il vous joue avec cette mélodie envoûtante propre à l'Afrique traditionnelle. Les enfants du village prennent plaisir à vous raconter des contes et des légendes qu'ils connaissent sur le bout des doigts et qu'ils ont appris de leurs parents, qui eux-mêmes ont appris de leurs parents, et ainsi de suite. Les Wambabe sont un peuple curieux qui conserve intact la tradition orale Africaine et les généalogies des grandes familles du Fouta. Conscient de leur culture ancestrale et de leur place au sein de celle-ci, l'apprentissage fait partie de leur quotidien, chaque phrase prononcée fait l'objet de la plus grande attention, surtout chez les plus petits. On dit même qu'à l'école de Gaoudé Boffé qui regroupe les enfants des deux villages, les enfants des Wambabe seraient plus attentifs et auraient des meilleures notes...

A Gaoudé Boffé, on m'avait parlé d'une femme, une vieille femme qui vit à Gaoudé Wambabé et que je devais impérativement aller voir. Dans la région, tout le monde la considère comme sa Maman avec un mélange de crainte et de respect pour ses pouvoirs magiques. A peine entré dans sa petite bâtisse et l'on comprend tout l'intérêt de venir la visiter. Ce petit bout de femme, une vraie Mama à l'Africaine, est une guérisseuse traditionnelle. Quelques poudres et des fétiches pour amener des Bénédictions sur son hôte de passage, et c'est avec la protection de Dieu que l'on repart. Son véritable Pouvoir, c'est le Savoir. Cette femme est éduquée et connait beaucoup de choses de par ses voyages, et son Coeur est tout simplement bon. Je rends hommage à ma Grand-mère Wambabé dont je porte jusqu'à aujourd'hui ce fétiche qu'elle m'a transmis et qui me guide dans le labyrinthe de la Vie.

Il y aurait tant de choses à dire et à décrire sur ces deux villages, mais il est temps d'achever ces quelques lignes au risque de vous en dévoiler trop. Carnet de notes, récit de voyages, fresques poétiques, peu importe le terme employé, le Fouta fait appel à de nouveaux sens, à l'imagination de chacun. L'imagination de ceux qui osent pénétrer sur son territoire et l'imagination de ceux qui l'habitent.C'est ainsi que cette région a su préserver son Peuple et ses traditions à travers le temps. Alors si au détour d'une route ou plutôt d'un sentier, vous apercevez un Homme blanc au Coeur noir, vêtu d'un Boubou aux couleurs Sénégalaises et armé du bâton des bergers Peuls, venez le saluer, et peut-être tomberez-vous sur moi.

Pour terminer, je laisserais la Parole à un Ancien, au hasard d'une rencontre, qui me laissa ce Message " Celui qui peut Vivre au Fouta, parmi les Haal Pulaar, peut Vivre partout dans le monde."

Dawuda David DUPUY

Association AED - Action Enfance Développement - Saint Louis Sénégal : www.myspace.com/aedsenegal

Association Kalif 'Art - Podor Sénégal : www.myspace.com/kalifart

Festival Bamtaare Lawre Gawde Bofe : festivalbamtaarelawregawde@laposte.net

Tél : 06.82.46.53.40

www.senegalfouta.canalblog.com

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