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De retour depuis hier nuit, d’un bref séjour au Baol, une région historique du Sénégal qui a connu une longue période glorieuse, un royaume, des rois célèbres, une région agro-pastorale, majorité de Sérères, un peuple animiste puis musulman très récemment, une société égalitaire.


Malgré l’Islam, ces populations gardent jalousement leurs croyances ancestrales, même si cela à tendance à disparaître un peu partout en Afrique. L’arachide et le petit mil sont les cultures dominantes. L’Openfield (champs ouverts sans clôture) caractérise la structurelle spatiale avec une rotation des cultures en trois qui entoure le village. Ainsi chaque année un champ est laissé au repos, réservé aux bétails pour sa fertilisation. Ainsi on évite l’appauvrissement des terres et l’utilisation des angrais chimiques.  Ensuite les deux autres champs on y cultive l’arachide et le riz. Ainsi de suite cela s’est fait pendant des millénaires. Voila une pratique écologique qui doit inspirer l’Occident. Dans ce domaine, nos cousins Sérères sont les champions du monde. Sablonneux, le sol ne nécessite pas des matériaux agricoles sophistiques, on a ajuste besoin d’un âne ou cheval, une machine et un « Hilérre ». C’est une zone semi-désertique dominée  par le « Kad ». J’ignore son nom scientifique. Je voulais juste m’arrêter sur cet arbre magique. Voilà un arbre exceptionnel et essentiel pour l’environnement. Il joue plusieurs rôles. Pendant la saison des pluies, l’hivernage c’est le seul arbre qui perd ses fruits disons il ne veut pas être comme tout le monde. Quand les autres profitent de l’eau de la pluie pour faire des fruits, lui prend cette eau pour l’estoquer et l’utiliser pendant la saison sèche. Ce qui fait c’est le seul qui représente la verdure en saison séche. La chaleur de cette période, nu n’était cet arbre, le temps aurait été beaucoup plus dur pour nos amis, cousins. C’est un véritable régulateur thermique. Enfin pendant cette longue période, sans lui, les bétails ne peuvent pas être nourris sans ces fruits. A côté, nous avons le « Bouye » ou le Baobab, un arbre dont la longévité est centenaire, ces fruits sont utilisés à base d’alimentation dans le « thiéré » par exemple. Justement les plats principaux du terroir sont  le « thiéré » ou couscous et le « laxe » ou bouilli.

Comme je l’ai dis en haut, c’est une société conservatrice. Dans le passé, ils habitaient avec nous les alpoular et les maures entre les deux rives du Fleuve Sénégal. La menace de l’Islamisation face à leurs valeurs ancestrales a poussé nos cousins Sérères à fuir un peu au Sud du centre et à l’Ouest du Sénégal. Les uns sont allés au Baol, les autres au Sine Saloum et au Joal. D’ailleurs puisque se sont nos cousins à plaisanterie, on n’interprète cette fuite par cette  irone. Si ce n’était pas la mer, ils seraient probablement aux USA. Au Sénégal, se sont nos cousins les plus proches car d’après les révélations orales, nous avons un ancêtre commun. La langue, les rites, les chansons… nous montrent une grande similitude des deux cultures. Une petite différence nous sommes les  rois et eux nos esclaves (rires...).

Je suis fan du Baol, une région où j’ai passé  20 ans. Vive , NDiarème, Bambey, Ndoulo, Khombole, Lambaye, Kaba la liste est longue  particulièrement  Réfane. Je ne cesserais jamais de l’aimer comme le sang du Fouta qui coule dans mes veines. A toi à moi. A moi à toi.

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Tag(s) : #Coup de coeur

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