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50 ans d'indépendance entre socialistes et libéraux

A l’heure où le Sénégal, mon pays s’apprête à fêter les 50 ans de son indépendance,ce dimanche 04 Avril,  nous traversons les moments les plus difficiles de notre histoire politique. Deux points : la Démocratie et le Développement  nous semblent essentiels  d’aborder dans un but constructif. Cette fête coïncide avec les 10 ans de l’Alternance après le changement du régime socialiste qui a duré 40 ans.

Dans le domaine de la démocratie, on peut être compréhensif sans tomber dans ce fatalisme. La démocratie ne se fait pas du jour au lendemain. Nous sommes dans la phase de l’apprentissage. Il n’y a pas de honte à l’affirmer. Le Sénégal est une jeune démocratie comparée aux Etats-Unis depuis 1776 lorsque la Grande Bretagne lui en accorde après la guerre d’indépendance contre cette ancienne colonie ou la France en 1789 avec la Révolution Française quand le peuple se souleva contre l’ancien régime mettant ainsi fin au pouvoir monarchique. Ces deux pays sont aujourd’hui deux grandes puissances démocratiques. Cela s’est construit pendant des siècles de lutte. Le Sénégal est d’ailleurs cité comme un exemple en Afrique. Nous avons montré au monde entier qu’  « au lendemain des élections, on peut aller travailler et compter des bulletins et non des morts » comme le disait dans son allocution d’investiture en 2007,  le Président de la République Me Abdoulaye Wade.


Nous avons connu trois présidents : chacun avec son style, son façon de gouverner, ses résultats propres. Avec Senghor, nous avions un régime policé qui étouffait toute forme de revendications. Avec la crise de 1968 déclenchée au Sénégal par les étudiants parmi lesquels Abdoulaye Bathily, Amath Dansokho , Senghor a fini par laisser du lest. Avec l’arrivée d’Abdou Diouf, malgré les périodes sombres comme l’année 1988, l’assassinat de Me Babacar Seye, le vice-président de la Cour constitutionnelle abattu lors d’une élection en 1993, la dévaluation en 1994, en tout cas c’est son régime que le Sénégal est cité comme une émergente démocratie. Dès son arrivée au pouvoir en 1981 remplaçant ainsi Senghor qui s’est retiré sans doute fatigué par la politique et la confiance envers ce jeune Abdou Diouf malgré la tâche lourde était préférée aux Barons du Parti Socialiste, il prend une mesure historique. Il officialise le multipartisme. En 2000, après sa défaite électorale, chose inhabituelle ou jamais vu en Afrique, il prend son téléphone dans la soirée pour féliciter son adversaire. Abdoulaye Wade ; Enfin pour le compte de ce dernier, des progrès sont constatés. Un certain nombre de projets se sont vu naitre: les autoroutes à péage, les infrastructures dans les domaines de l’éducation, santé… la liberté de la presse (radios, télés, presses écrites). Je laisse librement l’appréciation à chacun.

Nonobstant, Chacun des présidents a apporté un apport à la fois positif. Senghor a construit la Nation Sénégalaise, Diouf l’Etat et Wade l’économie et négatif ; Senghor l’Etat policé, Diouf du fait de quelques facteurs notamment sa jeunesse, une opposition virulente, des catastrophes, des exigences pressantes des grandes instances internationales, la Banque mondiale ou le FMI, la dévaluation, enfin Wade la nauffrage du Diola, les dérives de l’alternance que nous constatons actuellement.

Peut être avec le temps on n’aura un autre regard, cela nous ne empêche pas de constater ; c’est sous l’alternance que les jeunes désespérés défient la mer au péril de leur vie pour le voyage clandestin en Europe dans les pirogues pour espérer une vie meilleure ; c’est sous ce régime que la corruption à atteint un niveau inégalable jamais constaté dans le passé, c’est sous ce régime qu’on assiste à la folie du pouvoir (monument de la Renaissance africaine, pratique obscure visant à une monarchie constitutionnelle ; c’est sous ce régime que la vie est beaucoup plus difficile pour le citoyen (inflation toujours galopante) ; c’est sous ce régime que le train de vie de l’Etat pèse lourdement pour le contribuable ; c’est sous ce régime que les hommes publics opposés au pouvoir se sentent le plus en insécurité ; c’est sous ce régime que la religion, dans ce pays traditionnellement laïque et indivisible, se mêle à la danse pour diviser les pauvres citoyens ; c’est sous ce régime que la politique devient le métier le plus facile pour gagner vite et mal de l’argent.

L’histoire nous jugera. Il nous faudra travailler dans la patience car il n’est jamais trop tard petit à petit l’oiseau fait son nid.

Bonne fête !!! Non disons prêt pour de nouvelles bases cette fois positives.

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